Ségolène Royal, la présidente de l’association France-Algérie, s’est rendue en Algérie. Elle a rendu visite en prison au journaliste Christophe Gleizes. «Il est très bien traité et il a le moral», a-t-elle déclaré aux journalistes qui lui ont posé une série de questions, notamment sur l’état actuel des relations entre la France et l’Algérie. « Elles sont au point mort », a-t-elle répondu, ajoutant : « Depuis la visite du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, il n’y a eu aucune évolution palpable.» Mme Royal a ensuite renchéri en affirmant : «Tout le monde se presse pour conclure des accords avec l’Algérie, sauf la France.» Selon Ségolène Royal, il y a une dégradation manifeste dans les relations entre les deux pays, et ce n’est pas la faute de l’Algérie, mais celle de la France. «C’est dommage, a-t-elle dit, car des pays comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont très largement supplanté la France, et d’autres pays sont en train de les suivre. Tous ont un même objectif : signer des accords économiques avec l’Algérie, et pas seulement énergétiques, mais dans divers domaines. » Ainsi, ajoute Mme Royal : « Alors que l’usine Renault est fermée, je viens d’apprendre qu’Opel (Stellantis) va implanter une usine en Algérie. » Pour la présidente de l’Association France-Algérie, la France n’existe pratiquement plus sur le plan économique en Algérie, alors qu’elle occupait autrefois la première place. «Macron préfère aller en Arabie saoudite et dans les pays du Golfe quémander des livraisons de pétrole et de gaz, sans d’ailleurs de résultats concrets, seulement des promesses. Et celles-ci semblent très vagues vu la situation explosive qui règne dans cette région. Alors que, tout simplement, il aurait pu s’adresser directement au président Tebboune et lui demander humblement de telles livraisons. » En fait, le président français ne l’a pas fait par orgueil, ce sentiment qui a toujours animé ce chef d’État finissant qui a toujours voulu donner une image de supériorité, laquelle l’a conduit à devenir le président le plus détesté dans son propre pays et le plus dévalorisé en Europe et dans le reste du monde. En choisissant le Maroc, un pays ne disposant d’aucune ressource naturelle qui vaille la peine d’attirer un intérêt quelconque, il a entraîné des pertes de marché considérables sur le plan commercial. En France, les céréaliers, les éleveurs et les PME exportatrices de produits semi-industriels ont énormément perdu et en veulent à ce président qui a choisi un pays qui n’importe même pas la moitié de ce qu’importait l’Algérie. L’Algérie a compris qu’avec la France, le divorce est bel et bien consommé et qu’il n’y aura jamais de retour en arrière. De toute façon, il n’y a plus rien à attendre d’un pays qui croule sous une dette estimée à 3 500 milliards d’euros, une situation sociale explosive et un avenir politique des plus sombres. Alors, dire que les relations entre la France et l’Algérie sont au point mort est un euphémisme. En réalité, il n’y a même plus de relations, mais seulement des échanges protocolaires, certes empreints parfois d’amabilité, mais souvent sujets à moult ambiguïtés.
