Initiatives de croissance:
Annaba pleure son destin

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Quelle malédiction a-t-elle frappée Annaba, cette ville à l’histoire millénaire qui se trouve actuellement fortement déclassée par rapport au reste des villes émergentes en Algérie ? Tout le monde se pose la question sur le type de gouvernance de cette wilaya en particulier son chef-lieu.

De toutes les villes d’Algérie, Annaba en tant que chef-lieu de la wilaya se trouve parmi celles qui figurent en bas de classement en ce qui concerne l’innovation, la créativité et l’initiative en matière de croissance économique. Pourtant la wilaya dispose de tous les ingrédients qui peuvent la hisser haut et fort dans le listing des villes les plus performantes en matière de développement économique à l’image entre autres de Constantine, Bordj Bou Arreridj, Sétif et Oran sans citer pour cela Alger. Malheureusement ce n’est pas le cas pour celle qu’on a toujours désigné sous le vocable de « Annaba la coquette », un terme qui ne lui sied malheureusement, pas du tout actuellement. Pourtant Annaba en tant que wilaya, dispose de tous les atouts pour émerger et même redevenir ce qu’elle avait été au cours des décennies soixante-dix et quatre-vingt où on la donnait capitale industrielle par excellence par rapport au port, à l’aéroport, aux complexes d’El Hadjar et d’Asmidal essentiellement. À cette époque, le complexe d’El Hadjar occupait à lui seul 19000 travailleurs permanents constitués de cadres et d’agents de maîtrise de très haut niveau. Un complexe intégré construit pour être une industrie industrialisante et qui faisait la fierté de ses employés et de la région. Aujourd’hui, on le qualifie de géant aux pieds d’argile. Un terme qui signifie la décadence à laquelle est arrivé ce qui s’appelait autrefois et à juste titre d’ailleurs, «le fleuron de l’industrie algérienne». Un complexe qui était autrefois pourvoyeur d’emplois ne l’est malheureusement plus aujourd’hui. À noter que les usines qui composent le tissu industriel de cette wilaya fonctionnent encore selon les normes du siècle dernier : Beaucoup de ressources humaines, personnel peu qualifié et des équipements anciens qui sont devenus incompatibles avec l’exigence d’une productivité accrue et compétitive.

Cependant ce qui saute surtout aux yeux en matière de développement d’activités c’est cette absence navrante d’innovation. En effet Annaba est aujourd’hui très loin de ces villes du pays qui connaissent aujourd’hui un bond spectaculaire dans le domaine de la croissance industrielle. Les quelques rencontres des investisseurs annabis et autres qui ont eu lieu au niveau de la wilaya avec les chefs des exécutifs qui se sont succédés n’ont pas été à la hauteur des attentes escomptées. Annaba a toujours été comme ça et aucun des responsables cités n’a laissé son empreinte au niveau de cette ville dont les jours qui passent sont mieux que ceux qui viennent. Annaba pleure son destin et Sidi Boumeraouane associé à Sidi Brahim lui ont semble-t-il jeté un sort maléfique au vu de toutes ces dégradations observées çà et là. Côté environnement, il y a beaucoup à dire. Question chômage, ceci pose un épineux problème à la société, car il est la source de tous les maux sociaux que connait la wilaya. Les activités de police et de gendarmerie au quotidien en matière de lutte contre le banditisme et lesdits fléaux sociaux en sont révélateurs de cette terrible situation qui appelle à un remède urgent à savoir la création d’emploi.

Tout ceci pour dire et souligner que la wilaya d’Annaba est scandaleusement en retard et est en train d’être supplantée allègrement par des agglomérations moyennes qui deviendront, dans quelques années des pôles de développement et de croissance. À quoi impute-t-on une telle léthargie ? Il ne faut pas chercher bien loin les causes.  Nous ne cesserons jamais de le dire, les hommes d’affaires annabis investissent mal leur argent. Ils ne voient pas loin que le bout de leurs nez. Les domaines où ils semblent exceller ont pour noms la promotion immobilière et l’importation des produits de consommation courante. Domaines dégageant des profits immédiats mais peu valorisants en termes de croissance économique. Les autres qui veulent bien investir dans des créneaux porteurs et créateurs d’emploi, sont purement et simplement mis en quarantaine par une administration sclérosée, décriée par le Président de la République lui-même. Sinon, quitte à le répéter à chaque fois comment une ville aussi importante et possédant un réseau infrastructurel impressionnant : Port (le quatrième du pays) aéroport international, hôtels à profusion n’arrive-t-elle pas à réussir ? La réponse à cette question n’est pas difficile à trouver. En fait Annaba a toujours été victime de ses administrations et de ses institutions élues. Les responsabilités essentielles inhérentes à ceux qui dirigent n’ont jamais été exercées dans le domaine de la croissance économique. Un nombre impressionnant d’investisseurs nationaux et étrangers ont fait le déplacement à Annaba durant ces dernières et ils ont toujours été déçus par le manque d’entrain affiché par ces instances. Certains investisseurs ont tourné le dos à cette wilaya qu’ils jugent très bureaucratique et nullement accueillante. Il y a aujourd’hui urgence à reprendre l’initiative et redevenir ce pôle de développement et de croissance qui fait aujourd’hui partie du souvenir, faute de quoi cette wilaya finira par dépérir et devenir un simple endroit cité dans les manuels de géographie.

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