Relations algéro-américaines:
Rien d’extraordinaire en perspectives

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La visite de la sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères des États-Unis, Wendy Sherman, qui a été reçue par le président Tebboune,en présence de Ramtane Lamamra a revêtu beaucoup plus un aspect protocolaire. En tous cas elle ne révèle pas d’un rapprochement spectaculaire dicté par ce qui se passe actuellement sur la scène internationale.

Bien sûr à sa sortie du palais présidentiel madame Sherman s’est félicitée de l’entretien qu’elle venait d’avoir, jeudi dernier, avec le chef de l’État algérien. Les termes « constructif et positif » ont été prononcés par la secrétaire d’État adjointe du département d’État américain. Cette fonction d’adjoint a toujours été la caractéristique principale des envoyés des États-Unis en Algérie. On n’ a, par exemple, jamais vu un secrétaire d’État américain, l’équivalent d’un ministre des affaires étrangères dans le monde, mettre les pieds dans notre pays comme c’est le cas dans d’autres pays que les États-Unis considèrent comme plu intéressants, c’est toujours un diplomate de rang secondaire que Washington dépêche à Alger, tout le contraire d’autres grands pays comme la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne, sans parler des visites régulières des chefs de gouvernements espagnols et italiens. En fait de par ses positions tranchées et son indépendance affichée l’Algérie a toujours agacé les États-Unis et ce pays qui maintient malgré tout un contact permanent avec notre pays car il ne peut pas faire autrement continue d’être irrité par la politique algérienne concernant la question palestinienne et le maintien,voire le renforcement des relations avec la Chine et la Russie mais surtout l’oncle Sam n’a pas oublié au lendemain même de notre indépendance que le premier président algérien, après avoir été reçu chaleureusement par le président de l’époque John F Kennedy, s’était empressé d’aller à La Havane où il fustigea l’impérialisme américain. Pour les États-Unis c’était un crime de lèse-majesté et ce geste de ce président dont il faut reconnaître la maladresse extrême n’a jamais été pardonné par tous les successeurs du défunt président assassiné à Dallas. Certes il y a eu une pause toute relative avec l’arrivée de Ronald Reagan à la Maison Blanche qui avait invité officiellement le président Chadli aux États-Unis mais c’était surtout pour le remercier pour le rôle majeur joué par l’Algérie dans la libération des 42 otages américains détenus par l’Iran gouverné à l’époque par l’Ayatollah Khomeiny. Après cela les relations américano-algériennes retombèrent dans l’oubli. Elles s’envenimèrent même pendant la décennie noire. Washington avait permis à un représentant du FIS Anouar Haddam de séjourner en territoire américain et même se livrer à une propagande hostile et pernicieuse contre l’État algérien. Par ailleurs les rapports du département américain pleuvaient sur les «Pseudos  crimes » commis par l’armée algérienne contre les populations civiles, occultant délibérément que c’était le GIA et leur protégé du FIS qui en étaient les principaux auteurs. Avec le retour au pays d’Abdelaziz Bouteflika, on croyait que les relations entre les deux pays iraient dans le sens d’une meilleure approche et prendraient, peu à peu, un label de qualité. Il n’en a rien été et l’invasion de l’Irak par les Américains jeta un froid glacial entre les deux pays. Ce froid allait se prolonger avec le refus de l’Algérie de condamner le régime syrien de Bachar El Assad où l’ambassade d’Algérie à Damas était toujours opérationnelle. Les Américains avaient espéré qu’un printemps arabe allait secouer l’Algérie comme cela a été le cas pour la Tunisie et la Libye mais ils sont restés sur leur faim et se sont morfondus davantage. L’arrivée d’Obama à la Maison Blanche ne changea pas d’un iota la politique américaine concernant l’Algérie qui ne l’intéressait plus, bien que notre pays joue un rôle majeur sur la scène africaine. Le remplacement d’Obama par Donald Trump élargit encore et de manière profonde le fossé entre les deux pays en reconnaissant la marocanité du Sahara occidental en échange de la reconnaissance par le Maroc d’Israël. Joe Biden que les Algériens croyaient plus mesuré a emboité le pas à son prédécesseur. Alors cette visite de la secrétaire adjointe des États-Unis n’est finalement qu’une mise en scène diplomatique qui ne débloquera pas du tout le verrou puissant qui s’est imposé dans les relations des deux États.

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