Après avoir subi un tollé de la part des députés de l’APN qui exigeaient des éclaircissements sur la flambée des prix et surtout l’inexistence dans les commerces des produits sensibles comme la semoule et l’huile de table, voilà à présent que le ministre du commerce refuse d’être entendu par une commission parlementaire. Selon le député Smain Kouadria, un tel refus est perçu comme une atteinte inadmissible à la constitution.
Actuellement les députés de l’APN sont vent debout contre l’inertie du ministère du commerce qui ne fait rien pour enrayer une flambée des prix de tous les produits de consommation, injustifiée selon eux, au-delà même de la liberté des prix, ont-ils souligné avec justesse. Les représentants du peuple ont affiché une unanimité sans faille en demandant au ministre du commerce de leur expliquer pourquoi la pénurie des produits subventionnés par l’État comme la semoule et l’huile de table ont disparu soudainement des étals des commerces à une dizaine de jours qui nous séparent du Ramadan. Les réponses de Kamel Rezig n’ont pas été convaincantes pour eux. C’est pour cela qu’ils ont décidé d’auditionner le ministre par une commission parlementaire. Celle-ci s’est rendue au ministère mais à la grande surprise des membres de cette commission on leur répondit que M.Rezig ne pouvait les recevoir à cause de son agenda de travail très chargé. Ce refus d’être entendu par les représentants du peuple spécialement désignés pour recevoir des réponses qu’ils jugent éminemment opportunes dans le contexte actuel est considéré par eux comme une atteinte aux prérogatives du parlement lesquelles sont inscrites, noir sur blanc, dans la constitution qui donne au parlement le droit de contrôler l’action du gouvernement. Le ministre du commerce est-il allé trop loin ? Il semble que ce soit le cas et il y a une forte probabilité que le président de la république réagisse dans les plus brefs délais car ce refus d’être entendu par une commission parlementaire dont les raisons de cette audition sont pleinement justifiées est un acte inconséquent et peut entraver l’entente de façade qui existait jusqu’ici entre l’exécutif et le parlement. Les députés considérant ce refus comme un camouflet s’arc bouteront désormais autour de l’application de leurs droits législatifs inscrits dans la loi fondamentale. Il n’y a pas seulement la réaction du chef de l’État il y a aussi celle du Premier ministre qui devra demander des comptes à son ministre pour avoir refusé de donner les explications demandées par les représentants du peuple. Ce couac au niveau du gouvernement intervient dans une période très tourmentée du pouvoir d’achat des Algériens qui n’en peuvent plus de subir une inflation qui ne cesse de grimper érodant considérablement leur budget familial. S’il faut ajouter à cela et à l’approche du mois consacré au jeune une pénurie qui s’est déjà installée de produits essentiels comme la semoule et l’huile de table il y a aujourd’hui un très mince fil qui les sépare d’un ras le bol généralisé. Le consensus précaire jusqu’ici existant entre la population et le gouvernement risque, si l’exécutif ne réagit pas d’une manière énergique, d’être remis en cause entrainant des conséquences sociales imprévisibles. Il est en effet inadmissible, voire intolérable que des produits comme la semoule plus précisément ne soient pas disponibles au niveau des commerces de détail. D’autant plus que le ministre de l’agriculture n’a cessé de répéter que les stocks de blé dur sont suffisants jusqu’à la fin de l’année en cours. A-t-il parlé trop vite ou a-t-il une méconnaissance des stocks de ce produit ? Si c’est ce dernier cas on lui aurait donc menti et ceux qui seraient derrière untel mensonge doivent être sanctionnés sévèrement. Dans cette affaire de pénurie de produits essentiels et subventionnés l’État joue sa crédibilité. De plus il y a aujourd’hui des millions de citoyens qui peinent à joindre les deux bouts. Leurs revenus mensuels sont si faibles que leurs payes ne tiennent pas une semaine. Les trois semaines qui suivent sont réservées à leur endettement. Ce cycle infernal est vécu par des millions de ménages. Quand cessera-t-il ? La réponse n’est pas aisée car le pays commence à peine à remonter la pente et il lui faudra du temps pour que l’équilibre entre revenus des ménages et croissance atteigne un semblant d’harmonisation.
