l’Evènement, car il en est un, est inédit. En effet et pour la première fois depuis des années un chef du département d’État américain, en clair une personnalité politique régalienne de premier plan se rendra à Alger mardi prochain. Sa visite a été précédée par sa secrétaire adjointe il y a quelques jours. Visiblement cette rencontre n’a pas été fructueuse aux yeux des Américains qui font depuis quelque temps une offensive diplomatique exceptionnelle. Après le déplacement de Joe Biden à Bruxelles puis en Pologne, c’est au tour d’Antony Bliken, d’empoigner son bâton de pèlerin et dans sa tournée diplomatique, il y a l’Algérie, pays longtemps exclu des visites de personnalités politiques importantes américaines. Que le secrétaire d’État effectue une visite au Maroc, ce n’est pas surprenant car le royaume est redevable aux États-Unis depuis que le précédent locataire de la Maison Blanche ait reconnu la souveraineté territoriale marocaine sur le Sahara occidental en opposition avec toutes les précédentes politiques américaines et aux résolutions de l’ONU. Sans doute qu’Antony Bliken demandera aux marocains pourquoi ils se sont abstenus du vote de l’Assemblée générale des nations unies condamnant l’agression russe contre l’Ukraine. Il exercera certainement des pressions sur ce pays pour qu’il révise sa position. Pour le secrétaire d’État américain ce sera chose facile. Par contre à Alger qui n’a jamais rien du aux américains et dans n’importe quel domaine ce ne sera pas une sinécure pour Bliken. D’une part il aura en face de lui un président de la république élu et apprécié par tous les dirigeants des pays qu’il a rencontrés et qui a fait une avancée remarquable sur la scène politique arabe et d’autre partBliken aura également en face de lui son homologue RamtaneLamamra, un chevronné des rapports internationaux qui maitrise parfaitement les dossiers sensibles. Par ailleurs les Américains se sont rendus compte que ce pays, cette Algérie qu’ils ont superbement ignorée pour des raisons idéologiques possède des atouts économiques puissants dont la moitié n’est pas mise en valeur. Washington a compris que ce pays de par sa situation centrale en Afrique du nord et son prolongement sur le continent africain grâce à des infrastructures routières qui lieront d’ici la fin de l’année Alger à Lagos au Nigéria est en passe de devenir un partenaire considérable des Russes et des Chinois. Les Américains qui sont actuellement en perte de vitesse sur le plan commercial veulent aussi leur part de gâteau. La traditionnelle chasse gardée des français concernant l’Algérie n’existant plus une place de choix s’offre aujourd’hui aux Américains et cette fois-ci ce sera du sérieux et non pas des paroles en l’air comme cela avait toujours été le cas concernant les relations économiques entre les deux pays.
