Abderrahmane Raouya:
  Il part, il revient et il repart

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Le retour d’Abderrahmane Raouya aux finances a été très bref. C’est suite à la double charge assumée par le premier ministre Aymen Benabderrahmane que l’ex ministre a été sollicité. Il semble toutefois que c’est à contre cœur que le président de la république l’ait nommé à ce poste. C’était donc un test pour Raouya mais, apparemment, il ne l’a pas réussi.

En fait la vision de l’ex ministre et celle du chef de l’État différait sur bien des domaines et à la pratique de l’exercice ministériel le ministre en question n’allait pas vite en besogne et probablement qu’il ne suivait pas à la lettre les instructions du président or une telle obstruction ou lenteur selon les cas a fini par énerver le président et le résultat n’a pas tardé : Raouya c’est fini ! Certes l’opinion publique est aujourd’hui désorientée par cette succession de limogeages au sein de l’appareil de l’État et se pose des questions, lesquelles n’ont pas dans la plupart des cas une réponse. Toujours est-il que cette décision du chef de l’État doit être fondée car lui seul sait comment travaillent les ministres de son gouvernement. Présidant hebdomadairement un conseil des ministres il sait à quoi s’en tenir. Son évaluation s’exerce chaque semaine et gare au ministre qui se montre nonchalant ou récalcitrant dans l’exercice de sa fonction ministérielle. On peut dire, sans risque de nous leurrer que le chef de l’État dirige à la baguette l’exécutif. C’est d’ailleurs son style de commandement lorsqu’il était à la tête du ministère de l’habitat, seul ministère qui a pu résorber en un temps record la demande exponentielle en logements. Sous son exercice ce sont deux millions de logements, toutes catégories confondues, qui ont été réalisées et à temps ! Ce style de gouvernance à tambour battant certains hauts fonctionnaires promus à la tête de ministères n’y sont pas préparés ou croyaient que cela se passerait comme au temps de l’ex présidence de la république. Ce n’est manifestement plus le cas. En fait le président Tebboune exerce sa gouvernance comme un général de corps d’armée. Il ordonne et on exécute, point barre ! Cette manière de procéder prend au dépourvu tous ceux et celles qui croient qu’être ministre est une fonction de tout repos. Ils ou elles se trompent. Bien au contraire être ministre sous Tebboune c’est travailler au pas de charge. Point de répit dans l’application des décisions prises en conseil des ministres. Raouya vient d’en faire les frais car la période actuelle exige un maximum de célérité et tout retard est préjudiciable pour l’économie du pays à l’heure où le pays commence à se relever grâce aux ressources qu’il possède et qui intéressent désormais de potentiels investisseurs étrangers qui sont aujourd’hui complètement rassurés par le contenu du nouveau code des investissements lequel en principe devait déjà être adopté par le parlement. C’est peut-être à cause du retard pris par le ministère des finances dirigé par Raouya pour être présenté aux élus de la nation que ce ministre vient de se faire taper sur les doigts. C’est probablement une des raisons de son limogeage. Il y a aussi le fait qu’à une certaine époque ce ministre avait émis une proposition qui scandalisa toute la classe politique y compris la majorité présidentielle de l’époque, celle de recourir à l’endettement extérieur. Cela souleva un tollé et Raouya avait été éclipsé. Cet épisode de la vie politique le président de la république le connaissait parfaitement et il ne l’a pas oublié même si sur insistance du premier ministre il a consenti à donner malgré tout une seconde chance à Raouya. Apparemment ce dernier n’a pas su la saisir.

 

 

 

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