Mila:
La pisciculture en débat

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La pisciculture fait de plus en plus parler d’elle à Mila, à la faveur, d’une part, des intentions d’investissement dans le domaine exprimé et, d’autre part, de la disponibilité d’un important réseau de barrages hydriques et de retenues colinaires dans la région. En effet, une journée d’étude a été consacrée, ce jeudi 22 décembre, à cette filière. Abritée par la bibliothèque municipale de la commune de Mila, cette journée d’étude a été organisée par la Direction régionale de la Pêche marine de la wilaya de Jijel et la Chambre de la pêche continentale de Mila. Ont pris part au conclave, outre les parties organisatrices, la BADR Bank, la Caisse Régionale de Mutualité Agricole, la chambre de pêche de la wilaya de Sétif et la chambre de l’agriculture de Mila. De nombreuses conférences ont été présentées à cette occasion. Ahmed Bendjadou, directeur de la chambre de pêche de la wilaya de Sétif, auteur de deux conférences, a consacré sa première intervention aux nouveautés apportées par la loi sur l’Investissement N°22/18.  Bendjadou a souligné que la nouvelle loi sur l’Investissement garantit trois mécanismes : la liberté d’investissement, l’égalité entre investisseurs nationaux et étrangers et la transparence dans l’attribution du foncier industriel. Après avoir défini les différents types d’investissements, l’intervenant a notamment mis en relief les objectifs de la nouvelle loi sur l’investissement et les facilitations fiscales et douanières qui y sont contenues. « Le nouveau texte vise essentiellement à développer les domaines à forte plus-value, à généraliser l’usage des technologies de pointe et à encourager l’exportation des produits nationaux. » Il a, par ailleurs, qualifiées d’incitatives les facilitations douanières et fiscales apportées par la nouvelle législation. Le conférencier a souligné, d’autre part, que la loi autorise et encourage, désormais, la création de coopératives en pisciculture et les met sur le même pied d’égalité que les coopératives agricoles. Dans ce sens, il révèle que pas moins de 500 entités ont déjà exprimé leur volonté de s’organiser en coopératives piscicoles à travers le territoire national. « La coopérative aquacole produit, transforme et exporte des produits halieutiques. Elle permet aux associés d’importer des alevins, les aliments de poissons, du matériel et des équipements à moindre coût, car ils se partagent les charges financières, d’une part, et, d’autre part, la coopérative bénéficie d’avantages fiscaux puisque, aux yeux de la loi, elle est considérée comme une entité associative », expliquera-t-il. Le directeur de CRMA (Caisse Régionale de Mutualité Agricole) de Mila a, pour sa part, évoqué les différents produits mis par son établissement au profit des pêcheurs et coopératives piscicoles en matière d’assurance. « La CRMA a développé une large gamme de produits d’assurance au profit des pêcheurs. Ces produits concernent la mortalité des poissons, les bateaux de pêche, les moteurs et les bâtiments exploités pour la vente ou le stockage des produits halieutiques », a-t-il dit. Le S.G. de la Chambre de l’Agriculture, Bachir Karkatou, a, en ce qui le concerne, mis en évidence les lourdeurs administratives qui étriquent la filière. Il défend l’idée d’une simplification des procédures administratives relatives à la création de coopératives piscicoles pour booster l’activité. Il citera, dans ce sens, l’exemple d’une coopérative locale de pisciculture qui attend, depuis 18 mois, la validation de sa création de la part des autorités de la wilaya. Soulignons que les quantités de poissons pêchées dans les barrages de la wilaya ont chuté de manière drastique, passant de plus de 600 tonnes de poissons d’eau douces à seulement 20 tonnes en 2022, faute de ressources halieutiques en raison de la suspension des opérations d’ensemencement en alevins des lacs de la région.

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