Grandes fortunes: Le concept reste encore tabou

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Selon un rapport  d’une revue internationale  qui date de quelques mois l’Algérie compterait  quelques 2800 millionnaires (en dollars). Mais combien sont –ils ceux qui possèdent des dizaines et de centaines de milliards de dinars, qu’ils peuvent au demeurant convertir en devises en passant par des canaux non officiels ? La réponse à cette question, on ne la connait pas car elle échappe à tout contrôle.

 Le secret de la richesse individuelle  a toujours été bien gardé en Algérie. On ne discute pas de ces choses là. Tout le monde sait qu’il  y a toujours eu des privilégiés dans le pays et cela remonte au lendemain même de l’indépendance.  La nomenklatura politique qui a pris le relais de la résistance aussitôt la guerre contre la France terminée a imposé une règle de conduite à tous les membres qui la composent, celle de donner au peuple  une image de serviteur, en apparence bien sûr mais dans le fond c’était loin d’être le cas. Un exemple significatif que les jeunes générations post indépendance ne connaissent pas concerne l’acquisition de propriétés immobilières des européens d’Algérie. Une partie d’entre elles était revenue à l’Etat algérien dans le cadre de biens immobiliers déclarés vacants. Il s’’agissait d’immeubles  habités par ceux qu’on appelait pieds-noirs. L’autre partie était constituée de villas situées dans les cités résidentielles cossues habitées par des riches européens et des hauts fonctionnaires de l’ordre colonial. C’est ainsi que sur les hauteurs d’Alger ( El Biar , Birkhadem , Bouzaréah ) des résidences ayant l’apparence de petits palais  dont les propriétaires appartenaient à la bourgeoisie européenne d’Alger ou des officiers supérieurs de l’armée en retraite avaient été «expropriés» par les membres de cette nomenklatura politique qui constituait l’embryon du  nouvel Etat algérien.  En l’espace de trois ans s’est constituée sur l’ensemble du pays une classe sociale aisée née miraculeusement juste après l’indépendance. En fait ce genre de situation n’est pas spécifique à l’Algérie, tous les pays anciennement colonisés l’ont connu et on sait tous que ceux qui ont combattu le colonialisme politiquement ou pas fait de guerre se sont tous gratifiés en s’accaparant de tout ce qui rapporte et en laissant le reste à l’Etat et aux peuples. La richesse en Algérie n’est donc pas une nouveauté sauf qu’elle ne devait pas s’étaler de manière ostentatoire  surtout lors de la période socialiste où on fustigeait sans cesse les exploiteurs du peuple sans les désigner ouvertement car en fait, en ce temps là la propriété privée, nous parlons de celle économique était réduite comme une peau de chagrin. L’Etat était le propriétaire exclusif des grands domaines agricoles coloniaux transformés dans un premier temps en comités de gestion puis en coopératives de production et de services après la révolution agraire. Il était aussi le créateur d’usines industrielles de toutes tailles à travers l’ensemble du pays. Il était aussi le propriétaire de centres commerciaux. Alors parler de secteur privé économique à l’époque frisait tout simplement le ridicule. Par contre ce qu’on ne disait pas c’est qu’un capital dormant détenu par une grande partie de la classe politique de cette époque existait et attendait simplement son heure pour se révéler au grand jour; Cette heure sonna quand le président qui incarnait le plus le socialisme d’Etat, Houari Boumediene mourut. Celui qui lui succéda  entreprit de démanteler la rigueur intransigeante de ce socialisme en permettant à ceux qui avaient de l’argent à l’investir à coté de l’investissement public. C’est le début de l’aventure du trabendisme et de l’infitah qui profita surtout à ces capitalistes dormant de la nomenklatura politique née au lendemain même de l’indépendance et qui se constitua en classe possédante dont la fortune est indécelable et ne sera sans doute jamais révélée car le tabou concernant les riches en Algérie est hermétique

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