Le royaume du Maroc dirigé par un main de fer par Azoulay est actuellement secoué par une série de scandales qui remettent en question les fondements mêmes de sa monarchie.
Au cœur de cette tourmente se trouvent des révélations alarmantes de corruption et de trafic de drogue, impliquant des personnalités de haut rang. Ces événements exacerbent les tensions politiques, notamment en lien avec la normalisation des relations avec Israël.
« Le Roi prédateur, Main basse sur le Maroc » : Un Livre Révélateur
Le livre « Le Roi prédateur, Main basse sur le Maroc » de Catherine Graciet et Eric Laurent joue un rôle central dans ces révélations. Il expose un système de corruption profondément enraciné dans la monarchie marocaine. Malgré les tentatives de censure, cette œuvre a trouvé un écho considérable auprès des Marocains, galvanisant les manifestations du Mouvement du 20 février qui réclament la fin de la corruption et un système démocratique par delà la fin de la monarchie alaouite. Des proches du roi Mohammed VI, notamment Fouad Ali el Himma et Mounir Majidi, sont accusés de diriger un réseau d’affairistes bénéficiant indûment à la monarchie. Ces allégations sont appuyées par les témoignages de Khalid Oudghiri, ancien patron de la banque Attijariwafa, propriété du roi qui dénonce la corruption et l’influence économique royale.
Scandale de Narcotrafic et Maisons Closes à Casablanca
Un autre vaste scandale de narcotrafic impliquant des personnalités de premier plan, dont Saïd Naciri du club de football Wydad de Casablanca et l’entrepreneur Abdenbi Bioui, ébranle également le pays. D’après les aveux d’El Hadj Ahmed Ben Ibrahim, surnommé «le Malien», un trafic international de stupéfiants est mis en lumière. Par ailleurs, des maisons closes qui foissonnenet au Maroc opèrant dans les quartiers de Casablanca et d’autres villes, offrent un refuge pour des activités illicites et des excès en tous genres. Par ailleurs dans des salons somptueux, l’élite marocaine, y compris des amis du roi, des aristocrates, des marchands riches, des courtisans, des diplomates, et même des espions, se livrent à des plaisirs interdits. Ces espaces deviennent le théâtre de pratiques immorales et de perversions, normalement condamnées par la loi et la société marocaine. L’intervention de la DEA américaine révèle l’implication de hauts responsables militaires et civils marocains dans ces affaires, soulignant les liens troubles entre la politique, le sport et le narcotrafic. La normalisation des relations avec Israël ajoute une dimension supplémentaire à la crise, suscitant des mouvements de contestation et des inquiétudes sur l’utilisation du Maroc dans des intérêts étrangers.
Un Tournant Décisif pour le Maroc
Le Maroc se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Les scandales en cours préfigurent un avenir incertain pour le régime en place, de plus en plus en décalage avec les aspirations démocratiques mondiales. Dans ce contexte de crise, un espoir émerge: une prise de conscience accrue du peuple marocain, historiquement soumis, qui pourrait aspirer à un changement radical en faveur d’un avenir démocratique. Pour rappel Hadj Ahmed Ben Brahim, dit le Malien ou le « Pablo Escobar du Sahara », est un ex député et un gros bonnet de la drogue. Il a été Arrêté en Mauritanie en 2015 puis au Maroc en 2019, il a finalement décidé, après quatre ans de détention, d’entraîner dans sa chute ses complices marocains qui, selon lui, l’auraient trahi. Ce dernier était aussi un grand pourvoyeur des dealers algériens en poison avec la bénédiction du royaume. Son arrestation en Mauritanie à mis à nue la visée du Makhzen à inonder l’Algérie de ces produits interdits sur le sol algérien. Ceci nous ramène au 10 août 2023 où les éléments de la sureté de wilaya d’Oran ont mis fin à un réseau de trafic international de drogue qui a été démantelé et la saisie de 60 kg de résine de cannabis provenant du Maroc. L’opération, menée par les éléments de la brigade de recherche et d’intervention d’Oran, a permis de démanteler le réseau de narcotrafiquants, « un des plus grands du Maroc qui active dans le trafic de résine de cannabis dans l’Ouest algérien » et d’arrêter deux de ses membres. Selon une déclaration de colonel Yacine Boumrah, du département de toxicologie de l’Institut national de criminologie à la radio en son temps « Plus de 1.000 tonnes de résine de cannabis, en provenance du Maroc, ont été saisies par les différents corps de sécurité durant les dix dernières années » ce drnier avait affirmé «que la culture de cannabis au Maroc a connu beaucoup de transformation et ce, par une introduction massive des variétés hybrides ce qui a permis, d’augmenter la production et surtout la puissance du hachish dont la production n’a pas diminué ». Selon les propos rapportés par El Moudjahid
« L’expert en profilage des drogues a évoqué le rapport rendu public par le MDN sur la saisie des drogues, ces 10 dernières années. De 2010 à 2013, il y a eu une évolution avec un pic en 2013. Cette année, il y a eu la saisie de 211 tonnes. De 2013 à 2018, il y a eu une tendance baissière. Ensuite, il y a eu une augmentation durant la période allant de 2019 à 2020, avec la saisie de 77 tonnes de drogue. L’étude analytique menée par l’INCC a fait ressortir la transformation du haschich marocain qui consiste en l’introduction de variétés à haut rendement soit trois à cinq fois supérieur au cannabis traditionnel », précise l’expert. Toujours selon les propos rapportés par El Moudjahid, l’expert a révélé que « des modifications génétiques à la plante du cannabis ont été apportées, en renforçant sa teneur en tétrahydrocannabinol (THC) qui est ainsi passée de 6% en 2016 à 20% en 2020. La nouvelle drogue contient un taux très élevé de THC, la principale molécule psychoactive du cannabis, ce qui représente un grand risque sanitaire. «Le recours aux hybrides explique la hausse rapide et importante du taux moyen de THC de la résine marocaine observée lors des saisies», souligne le colonel Yacine Boumrah.
Par Aissani Mohamed Tahar
