Réveil industriel: Les stratégies des candidats à l’élection pour relancer le secteur industriel du pays

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La relance et le développement du secteur industriel national constitueront sans nul doute l’un des enjeux économiques majeurs du prochain quinquennat.

Baromètre essentiel pour mesurer le degré de diversification de l’économie et son potentiel d’insertion dans les chaînes de valeur internationales, l’industrie occupe une place centrale dans les programmes des trois candidats à l’élection présidentielle du 7 septembre. Chacun d’entre eux s’engage à mettre en place de nouvelles stratégies visant à accélérer le « réveil industriel » du pays. En effet, après des années de stagnation, la machine industrielle nationale a amorcé ces derniers temps une lente remise en marche, affichant des performances de plus en plus positives et contribuant davantage à la croissance économique globale du pays. Toutefois, malgré cette tendance encourageante, l’apport de l’industrie au produit intérieur brut (PIB) ainsi que ses niveaux d’intégration restent encore bien en deçà des seuils requis pour amorcer véritablement un sursaut industriel décisif. C’est pourquoi, ce volet occupe une place de choix dans les programmes électoraux des 3 candidats aux prochaines élections présidentielles. Dans sa stratégie de développement industriel, le candidat indépendant Abdelmadjid Tebboune met l’accent sur la nécessité d’accroître les taux d’intégration locale, notamment dans les filières électronique, électroménager, automobile et agroalimentaire. L’objectif selon lui est de réduire la dépendance du pays aux importations. Pour rappel, durant son premier mandat, des progrès ont été enregistrés dans diverses filières telles que la sidérurgie, les mines, la pétrochimie et la pharmacie, même si les industries manufacturières restent encore à développer et dépendent largement des importations d’intrants. Sur le plan des réalisations, Tebboune peut se prévaloir de taux de croissance industrielle positifs et en constante évolution ces trois dernières années, y compris dans le secteur public. Il entrevoit également des perspectives prometteuses pour la mise en place d’une véritable industrie automobile nationale, rompant avec la logique désastreuse du simple montage et assemblage qui prévalait auparavant.

Parmi les actions majeures prévues à court et moyen termes, la stratégie industrielle du président-candidat comprend le renforcement de l’existant à travers la réforme du secteur public marchand, la promotion de l’investissement dans de nouvelles filières porteuses, ainsi que l’encouragement de projets de partenariat et de colocalisation avec des investisseurs étrangers apportant un savoir-faire technologique. Les objectifs visés sont de porter la contribution de l’industrie nationale au PIB de 5 à 15% et d’accroître ses niveaux d’intégration de 10% actuellement à 30 ou 40%. Pour le candidat du MSP, Hassani Cherif Abdelali, l’objectif est de porter la contribution de l’industrie au PIB à 12%. Il prévoit d’asseoir sa stratégie de développement industriel sur plusieurs mesures, notamment l’augmentation du nombre de petites et moyennes entreprises (PME) à un million, dont 10% dans les activités de transformation. Parmi les autres éléments de son programme, Abdelali propose « l’adoption d’un système national de management du secteur public », « l’encouragement de partenariats à transfert technologique », ainsi que la mise en place d’une industrie automobile avec « un projet national de fabrication de véhicules d’origine algérienne ». Il s’engage également à créer « une base industrielle assurant conception et fabrication, avec un taux d’intégration initial de 25% », et à initier des mesures incitatives pour développer une filière de sous-traitance et de production de pièces détachées avec un taux d’intégration de 50%. Le candidat prévoit aussi « l’adoption d’une plateforme nationale intégrée de ressources et activités minières », le « renforcement des capacités d’exploration et l’intégration du secteur privé hors carrières », « l’interdiction de l’exportation de ressources minières brutes et la libéralisation des procédures de financement des investissements miniers », ainsi que « la stimulation des activités de transformation » et « la révision du système des groupes économiques et des participations de l’Etat ». Par ailleurs, Le projet de « nouvelle politique industrielle » du candidat du FFS, Youcef Aouchiche, accorde une priorité à l’investissement dans les industries sidérurgiques, métallurgiques, mécaniques, électriques, électroniques, agroalimentaires et chimiques. Selon son programme électoral, Aouchiche s’engage « à favoriser le développement des chaînes de valeur locales et des industries de substitution pour réduire la dépendance aux importations et augmenter le taux d’intégration industrielle locale ». Comme point de départ, il prévoit d’organiser « des états généraux de l’industrie » pour mettre en place « des comités stratégiques de filières, réunissant les professionnels du secteur, les organisations syndicales et les pouvoirs publics, afin de faciliter les échanges et renforcer la compétitivité des différentes filières ». Parmi les actions qu’il propose, Aouchiche évoque une réorganisation des entreprises publiques, la dépénalisation de l’acte de gestion et le recours au secteur des énergies et des mines comme levier pour soutenir les autres secteurs. Il envisage également la création d’un fonds souverain alimenté par les revenus du pétrole et du gaz, pour investir dans divers secteurs et diversifier les activités pétrochimiques. Le candidat s’engage par ailleurs à soutenir la sous-traitance afin d’améliorer les taux d’intégration industrielle, ainsi qu’à booster le développement de l’industrie automobile pour avoir un effet d’entraînement sur les autres filières.

Par Kheireddine Boukhalfa

 

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