Chine-Afrique :Un partenariat stratégique pour un avenir commun

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Du 4 au 6 septembre 2024, Pékin a accueilli le 9e Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), un événement marquant réunissant 53 nations africaines et le président de la Commission de l’Union africaine.
Sous le thème « Travailler ensemble pour renforcer la modernisation et construire des relations de haut niveau pour une communauté de destin partagée », ce forum a été l’occasion d’engager des discussions bilatérales de grande envergure. À l’issue de la rencontre, un consensus a été trouvé autour d’une déclaration portant sur la co-construction de relations sino-africaines solides, soutenues par une vision commune pour l’avenir. La Chine, marquant son engagement fort avec le continent, a annoncé une enveloppe d’aides de plus de 50 milliards de dollars sur trois ans. Ces « aides », en réalité des prêts et investissements chinois, seront principalement consacrées à des projets d’infrastructure, comme les routes, les chemins de fer et les ports. Le volet militaire, quant à lui, reste limité, avec seulement 140 millions de dollars dédiés à des « entraînements conjoints ». L’importance de ce partenariat ne se mesure cependant pas uniquement en termes financiers, mais également dans la volonté affichée de la Chine de se positionner comme le leader du « Sud global », en opposition à la domination historique des nations occidentales, principalement les États-Unis.
Une Afrique convoitée pour ses ressources
L’intérêt de la Chine pour l’Afrique va bien au-delà de simples déclarations de solidarité historique. Le continent est perçu comme un territoire riche en ressources naturelles — minérales, énergétiques et agricoles — et en main-d’œuvre à faible coût. Avec une population de plus de 1,5 milliard d’habitants et une économie en développement rapide, l’Afrique représente un terrain fertile pour les investissements lucratifs. La Chine sait tirer parti des aspirations africaines à s’émanciper de l’influence des anciennes puissances coloniales, notamment la France et les États-Unis, et se présente comme une alternative fiable, prônant la non-ingérence dans les affaires intérieures des nations africaines.
Un défi géopolitique dans un monde multipolaire
Le 9e forum FOCAC est aussi l’occasion pour la Chine de renforcer son image sur la scène mondiale. La concurrence entre les grandes puissances pour influencer l’Afrique s’est intensifiée ces dernières années, et Pékin profite des tensions entre les États-Unis, la France, et la Russie pour étendre son influence sur le continent. À titre de comparaison, la Chine a réussi à réunir 53 pays africains lors de ce forum, contre 49 lors de la dernière rencontre USA-Afrique en 2022, et 17 lors du sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2023. La montée en puissance de la Chine en Afrique coïncide également avec la renaissance d’un panafricanisme nouveau, porté par des gouvernements anti-occidentaux, comme ceux du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Cette dynamique est soutenue par un rejet croissant de l’ingérence occidentale sous couvert de défense des droits de l’homme et de la bonne gouvernance. Les populations africaines se montrent de plus en plus méfiantes vis-à-vis des « valeurs » perçues comme étrangères, notamment sur des questions sociales sensibles comme l’homosexualité.
La Chine, une puissance discrète mais déterminée
Depuis les années 1990, la Chine a considérablement renforcé ses relations économiques avec l’Afrique, multipliant les investissements et les prêts, sans conditions apparentes. Contrairement aux puissances occidentales, Pékin met en avant sa politique de non-intervention dans les affaires internes. Cependant, la Chine, tout comme d’autres puissances capitalistes, s’assure que ses engagements économiques servent avant tout ses propres intérêts. L’importance de la relation sino-africaine s’est encore renforcée lors du forum, avec l’annonce de mesures concrètes telles que l’exonération des droits de douane pour les produits de 33 pays africains et une coopération accrue en matière de protection des côtes maritimes. La Chine, qui a prêté plus de 128 milliards de dollars à l’Afrique depuis le début du XXIe siècle, voit en ce partenariat une occasion de consolider son influence tout en poursuivant ses objectifs économiques stratégiques, principalement dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et des technologies de l’information
.Par Mohamed Tahar Aissani

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