Grève des étudiants en sciences médicales: Le Pr Belhadj analyse les carences

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Le concours de résidanat, étape cruciale dans le parcours de milliers d’étudiants en médecine en Algérie, demeure au cœur de vifs débats et tensions. Cette situation met en lumière les lacunes d’un système de formation en proie à ses propres contradictions : insuffisance des postes, exode massif des compétences vers l’étranger, et bien d’autres défis. Face à ces multiples enjeux, Rachid Belhadj, le président du Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU), offre une analyse lucide et éclairée, dans un contexte marqué par un mouvement de grève initié mercredi par les étudiants en sciences médicales à travers le pays. Dans un entretien accordé au site spécialisé Esseha.dz hier, Rachid Belhadj a d’abord insisté sur l’importance capitale de ce concours pour les étudiants aspirant à se spécialiser, avant de pointer un problème majeur : le déséquilibre frappant entre le nombre de candidats et les postes disponibles. «Il est inconcevable que 5000 candidats à Alger se disputent seulement 850 postes de résidanat», s’indigne-t-il. Selon lui, cette situation décriée pénalise non seulement les étudiants, mais perturbe également le bon fonctionnement des services hospitaliers. Prenant l’exemple du service des urgences chirurgicales du CHU Mustapha Bacha, le Pr Belhadj souligne un déséquilibre criant dans la répartition des résidents. «Nous n’avons eu qu’un seul candidat, ce qui est impensable», déplore-t-il. Il rappelle qu’il y a dix ans, le service accueillait «une pléthore de résidents», ce qui, paradoxalement, posait des problèmes en termes de qualité de formation. Pour lui, il est impératif de rétablir la cohérence dans l’organisation du système de formation des médecins en Algérie. «Quand on admet 20 000 étudiants en première année, mais qu’au terme de leur parcours, des milliers de médecins généralistes se retrouvent au chômage, c’est un véritable problème», alerte-t-il. Selon lui, le concours de résidanat ne doit pas devenir un simple concours d’embauche, mais doit rester un outil pour recruter des spécialistes formés afin de répondre aux besoins réels du pays. De plus, le Pr Belhadj souligne une défaillance majeure dans la planification des effectifs médicaux. «Nous avons à plusieurs reprises interpellé les autorités, notamment le ministère de la Santé, afin de dresser un état des lieux précis : combien de médecins avons-nous formés et combien devons-nous en former à l’avenir ?» Il cite des spécialités telles que l’oncologie ou l’hématologie, où de nombreux médecins finissent leur formation sans trouver de postes disponibles.

La fuite des talents : un enjeu de taille

Ces lacunes dans la planification s’inscrivent dans un contexte plus large, où le chômage des diplômés du secteur médical est intimement lié à la problématique de l’authentification des diplômes et à la fuite des cerveaux. Evoquant cette dernière, le Pr Belhadj explique que l’authentification des diplômes est un droit légitime pour les étudiants, mais il reconnaît également la crainte du gouvernement face aux départs massifs de jeunes diplômés à l’étranger. «Actuellement, en plus de l’authentification du diplôme, ces jeunes qui souhaitent partir réclament aussi une attestation de bonne conduite pour répondre aux exigences des hôpitaux étrangers», précise-t-il. Il explique que cette fuite des cerveaux est particulièrement inquiétante dans le secteur médical, où les diplômés formés en Algérie choisissent souvent d’exercer dans d’autres pays pour bénéficier de meilleures conditions de travail et de salaires plus attractifs. ( … ) in Aujourd’hui l’Algérie.

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