Elisabeth Moore Aubin est une ambassadrice pas comme les autres. Elle s’implique dans sa fonction avec simplicité, en l’absence de tout protocole rigide. Elle a parcouru l’Algérie du nord au sud et d’est en ouest et elle aime ce pays dont elle félicite la chaleur des gens avec lesquels elle s’est entretenue. Elle adore nos coutumes et notre cuisine. Sera-t-elle encore parmi nous après le 21 janvier 2025 ?
C’est peu probable car d’une part c’est une démocrate nommée par Joe Biden et d’autre part la nouvelle administration américaine qui prendra ses fonctions au lendemain de l’investiture de Donald Trump, c’est-à-dire le 21 janvier de l’année prochaine sera composée de secrétaires d’Etat et d’ambassadeurs relevant du millésime Donald Trump. Ce dernier a déjà annoncé la couleur en annonçant la nomination d’un admirateur au sionisme comme ambassadeur des Etats –Unis en Israël. Bien sur en ce qui concerne l’Algérie, notre pays ne figure pas dans l’agenda du futur locataire de la Maison Blanche. La vision du nouveau et en même temps ex président de la première puissance mondiale est plutôt focalisée sur la Chine, l’Iran, l’Ukraine et le Moyen –Orient. L’Europe pour Donald Trump passe au second plan. Le reste du monde en dehors de cette vision sera la moindre de ses préoccupations. Seul « l’Américan First » compte pour lui avec comme nous l’avons dit l’arbitraire qu’il veut imposer au Moyen –Orient, l’Ukraine et la taxation à 60% des produits chinois entrant dans le territoire américain. Tout le reste Donald Trump s’en fichera comme d’une guigne. Certes il mettra vraisemblablement fin à la mission d’Elisabeth Moore Aubin et la remplacera sans doute par un ambassadeur qui ne connait pas l’Algérie comme Alger le souhaiterait mais qui ne s’impliquera certainement pas aussi positivement et avec ardeur comme le faisait l’ambassadrice citée plus haut. Ce sera du pur protocole. On ne sait pas si ce sera pareil avec le Maroc. L’actuel diplomate américain nommé à Rabat par le Département d’Etat dirigé par Antony Blinken a maintenu une réserve qui l’honore. Il n’a pas versé de l’huile sur le feu à propos de la reconnaissance de la « souveraineté » du Maroc par Donald Trump, qui n’a pas été remise en cause par Biden mais dont on a gardé un silence assourdissant sur une telle reconnaissance. Sera –ce pareil avec la nomination d’un nouvel ambassadeur nommé par l’administration Trump ? Il est trop tôt pour le dire. Il faudra observer avec la plus grande attention la déclaration du nouvel ambassadeur américain au Maroc au lendemain de sa présentation au roi ou son remplaçant des lettres de créance. Une chose est pratiquement sure, en ce qui concerne l’Algérie, on ne connaitra pas l’élan chaleureux de Mme Aubin qui a sincèrement aimé notre pays en le faisant savoir avec cette sympathie dont elle s’est rendue coutumière. Coté relations entre nos deux pays c’est la première fois, est –ce la dernière? qu’un diplomate américain ait su montrer tant d’intérêt à l’Algérie, pays qui était pendant longtemps mis à l’’index par la première puissance mondiale mais ce grand pays du Maghreb mais aussi le plus grand d’Afrique géographiquement parlant a démontré que le désintéressement à son égard est contre productif. La reprise lente mais apaisée des rapports entre les USA et l’Algérie a commencé avec Bill Clinton. Les relations se sont améliorées avec Barak Obama et enfin avec Joe Biden avec à la clé la nomination en tant qu’ambassadrice d’Elisabeth Moore Aubin. Son départ si celui-ci a lieu, laissera un grand vide.
