Le dossier concernant l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka en 1967 par les barbouzes français du SECE(le géniteur de la DGSN) est aujourd’hui déclassifié. Chacun peut le consulter. Ce dossier révèle des zones d’ombre que des investigateurs français ont pu éclairer. Il s’avère que l’exécution de ce grand militant de la démocratie qui aspirait pour son pays le Maroc un régime républicain, car ne reconnaissant aucune légitimité historique à ce prétendu royaume institué par la France sous la quatrième république. Mohamed V le père de Hassan Deux et le grand père de Mohamed VI avait été vite confronté au leader de l’UNFP (Union des forces populaires) qui n’était autre que Mehdi Ben Barka, qui ne cachait pas vouloir amener le peuple par référendum à choisir un régime républicain, abolissant ainsi constitutionnellement cette monarchie qui n’avait aucune légitimité religieuse ou historique puisque le Maroc d’avant le protectorat était morcelé en trois royaumes distincts les uns des autres celui de Fez, de Marrakech et de celui représenté par une dynastie se proclamant chérifienne et qui avait pour territoire le nord ouest du pays. Quand le roi Mohamed V mourut en 1961 son fils Hassan II, après une main tendue à cet opposant de taille que ce dernier refusa pour les raisons évoquées plus haut, nourrit alors un ressentiment profond envers le leader de l’UNFP dont l’audience chez le peuple marocain prenait une ampleur considérable. C’est alors qu’Hassan II décida avec l’aide du général Oufkir et du colonel Dlimi des services de renseignement marocain de monter un complot contre Mehdi Ben Barka dont le but consistait à le faire disparaitre. Nous connaissons la suite, celle de l’enlèvement du leader marocain à Paris par le SDECE, rejoint plus tard par le Général Oufkir des FAR et du colonel Dlimi des renseignements du Makhzen. Quand ces dernier rejoignirent la villa dans laquelle Ben Barka avait été retenu, ce dernier était déjà mort, une mort survenue selon le barbouze français qui le retenait prisonnier, accidentellement, car parait –il Ben Barka s’était défendu vaillamment mais fut violement bousculé et heurta sa tête contre le coin pointu d’une cheminée en marbre qui provoqua une hémorragie cérébrale qui lui fut fatale. Cette mort cependant n’a pas été rendue publique au cours des faits malgré les recherches concernant l’opposant devenaient plus intenses car l’affaire faisait grand bruit et était parvenue aux oreilles du général de Gaulle qui interpella aussitôt le roi du Maroc qui nia toute implication. En secret cependant il exigea qu’on lui apporte la preuve physique de la mort de ce rival dangereux pour la monarchie qu’il représente. Hassan II exigea qu’on lui apporte la tête de Mehdi Ben Barka. Il confia la tache à ses deux sbires, à savoir Oufkir et Dlimi qui retournèrent à Paris. Ces deux compères exigèrent alors de l’agent du SDECE qui avait caché le corps de la victime de le décapiter et leur remettre la tete du supplicié. De retour à Rabat on remit alors la tête du défunt à Hassan II qui émit alors un grand soupir de soulagement en voyant cette partie du corps du leader de l’opposition, déjà atteinte d’une rigidité cadavérique très avancée. Le témoignage de cette scène macabre avait été livré à des intimes du général lui-même auteur d’un complot dirigé contre Hassan II et qui eurent la décence de le faire parvenir à tous ceux qui se sont intéressés à cette tragique affaire dont la responsabilité évidente incombait au père de l’actuel souverain du Maroc.
