Gaspillage énergétique :Le président insiste sur une gestion rigoureuse

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À l’heure où la géopolitique de l’énergie redéfinit les équilibres mondiaux, l’Algérie fait face à des défis majeurs pour maintenir sa position stratégique en Méditerranée. Un enjeu qui, comme l’a souligné le président de la République lors du dernier conseil des ministres, nécessite une triple action : rationaliser la consommation intérieure, renouveler les ressources et diversifier la production énergétique du pays.

En effet, la question de la rationalisation de la consommation énergétique, sujet particulièrement délicat, a été au cœur des discussions lors du Conseil des ministres tenu ce dimanche. À ce propos, le président de la République a mis en avant la nécessité d’élaborer une nouvelle approche à moyen et long termes afin d’analyser et de maîtriser l’évolution de la consommation nationale de gaz et de produits pétroliers. Il a souligné l’importance d’une vision prospective et d’une gestion optimisée des différentes formes d’énergie, en s’appuyant sur une régulation et un contrôle renforcés. Dans cette optique, il a donné des instructions précises pour intensifier les investissements dans le secteur énergétique, qu’il s’agisse des ressources fossiles ou des énergies nouvelles et renouvelables, tout en luttant activement contre le gaspillage.  Il convient de rappeler qu’une part significative de la production énergétique nationale est destinée à la consommation intérieure. En effet, plus d’un tiers de la production énergétique de l’Algérie est absorbé par le marché domestique, qui ne cesse de croître. La nécessité de concilier l’approvisionnement du marché intérieur avec la poursuite des exportations, essentielles au développement économique du pays, impose aujourd’hui une gestion rigoureuse de la consommation interne. Selon les données récentes du ministère de l’Énergie, la consommation nationale pour l’année 2024 s’élève à 55 millions de tonnes équivalent pétrole, dont près de la moitié est dédiée à la production d’électricité. On note également une hausse de 5% par rapport à 2023.

Renforcement de la production d’hydrocarbures

L’optimisation de la production d’hydrocarbures demeure une priorité stratégique pour Sonatrach. La compétition sur les marchés traditionnels s’intensifie, notamment en raison des ambitions croissantes de plusieurs acteurs cherchant à renforcer leur présence sur le marché européen. De l’est à l’ouest et jusqu’au sud, la quête d’une production gazière accrue et la recherche de nouveaux débouchés commerciaux sont déjà engagées. En Méditerranée, la concurrence pour le positionnement sur le marché énergétique est une réalité à laquelle l’Algérie doit faire face. Pour relever ce défi, Sonatrach s’engage dans une dynamique de renforcement des investissements dans l’amont gazier et l’expansion des périmètres d’exploitation des champs existants, en collaboration avec divers partenaires étrangers, dont certains s’apprêtent à faire leur entrée sur le marché algérien. L’objectif est clair : accroître les capacités de production pétrolière et gazière afin de répondre à la demande nationale, en constante augmentation, tout en assurant des volumes exportables conformes à la réglementation en vigueur, qui impose la satisfaction des besoins internes avant toute exportation d’hydrocarbures.

Développement des énergies nouvelles et renouvelables

Dans le cadre de la diversification de son mix énergétique et de son positionnement sur le marché international, l’Algérie nourrit de nouvelles ambitions en matière d’énergies renouvelables et alternatives. D’ici 2040, le pays vise une capacité de production de 22 GW en énergie solaire et éolienne, ainsi que 40 TWh d’hydrogène vert. Ce cap ambitieux place la transition énergétique au centre des priorités du quinquennat en cours, une période charnière pour garantir à l’Algérie une place parmi les acteurs clés du futur système énergétique mondial. Par ailleurs, plusieurs projets de corridors énergétiques sont à l’étude, notamment pour faciliter l’exportation d’hydrogène vert et d’électricité. Le gazoduc transsaharien constitue également un projet stratégique, destiné à renforcer la position de l’Algérie en tant que hub énergétique d’envergure. Les défis à relever sont nombreux et nécessitent des moyens considérables. Il ne s’agit pas seulement d’assurer la pérennité d’un groupe public dont l’expertise est reconnue à l’échelle continentale, mais bien d’asseoir une stratégie de positionnement de Sonatrach sur une scène énergétique mondiale en pleine mutation.

Par Kheireddine Boukhalfa

 

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