Habitat :Le gouvernement veut mettre fin aux projets immobiliers bloqués

0
34

Dans un contexte de tensions croissantes sur le marché immobilier, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Tarek Belaribi, a pris position ce jeudi en annonçant des mesures fermes contre les promoteurs immobiliers défaillants.

Face aux retards persistants qui affectent la livraison des Logements promotionnels aidés (LPA) et des Logements promotionnels participatifs (LSP), le ministère s’apprête à déployer un arsenal de sanctions pour responsabiliser les acteurs du secteur. En effet, jeudi dernier lors d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale consacrée aux questions orales, le ministre s’est engagé à remédier aux retards constatés d’ici la fin de l’année. Ses déclarations font écho à son intervention du 6 février dernier devant le même Parlement, où il avait affirmé que son département préparait de nouveaux dispositifs juridiques afin de limiter l’arrêt des projets immobiliers liés aux formules LSP et LPA. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle loi régissant l’activité de promotion immobilière. À cette occasion, Mohamed Tarek Belaribi avait précisé que la loi n°11-04, qui encadre ce secteur, avait été revue pour inclure des mécanismes spécifiques visant à prévenir l’abandon des chantiers en cas de faillite des entreprises de construction. Il avait également assuré que cette nouvelle reglementation serait finalisée «incessamment », sans toutefois préciser la date exacte de son entrée en vigueur. S’agissant plus particulièrement de la wilaya d’Oran, où «11 % du total du programme» LPA et LSP sont actuellement à l’arrêt, le ministre a annoncé que des procédures avaient déjà été engagées pour résilier les contrats des promoteurs défaillants. Ces derniers seront remplacés par des opérateurs publics, chargés de relancer les projets avant juin 2025. Par ailleurs, Mohamed Tarek Belaribi a affirmé sa volonté d’éviter que de tels problèmes ne se reproduisent dans le cadre du programme AADL3. Il a cependant souligné la difficulté d’implanter des logements à proximité des souscripteurs dans les wilayas du Nord, où la densité de population limite les disponibilités foncières. Jeudi dernier, le ministre a également annoncé que la construction de 196 structures publiques, inscrites dans la loi de finances 2025, débuterait en mai, précisant que les bureaux d’études chargés du suivi avaient été désignés. Il a rappelé que 199 établissements scolaires et 449.000 unités de logement avaient été distribués en 2024 et que 678 structures publiques avaient été livrées entre 2020 et 2024 dans les quartiers résidentiels intégrés, accompagnant ainsi la construction de 1,7 million d’unités de logement. Concernant la présence d’infrastructures publiques dans les nouveaux quartiers, M. Belaribi a réfuté l’existence d’un déficit, prenant pour exemple la ville nouvelle de Bouinane, où 15 structures publiques sont fermées en raison d’un nombre insuffisant d’élèves, et celle de Sidi Abdellah, qui compte 23 infrastructures publiques, dont un centre commercial livré en même temps que les habitations. Il a insisté sur le fait que la construction d’écoles dans ces nouvelles agglomérations répond à des critères stricts, fondés sur la carte éducative nationale, le nombre d’élèves recensés et les budgets alloués dans le cadre des lois de finances. Concernant le logement rural, le ministre a révélé que plus de 500 000 aides financières destinées à ce secteur n’avaient pas été consommées en Algérie jusqu’en mars 2025. Il a attribué cette situation aux retards de certaines assemblées populaires communales dans la transmission des listes nominatives des bénéficiaires. À ce titre, il a exprimé la volonté du ministère de renforcer le soutien financier aux wilayas qui parviennent à mener à bien les programmes qui leur sont attribués.

Par Kheireddine Boukhalfa

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici