Le grand retour du Barrage Vert : Un rempart contre la désertification

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Dans un contexte de lutte acharnée contre la désertification et les effets croissants du changement climatique, l’Algérie remet sur le devant de la scène l’un de ses projets environnementaux les plus ambitieux : le Barrage Vert. Officiellement relancé le 29 octobre 2023, ce projet stratégique amorce une nouvelle phase, marquée par des avancées concrètes sur le terrain.

Le Barrage Vert ne se limite pas à une simple opération de reboisement. Il s’inscrit dans une stratégie intégrée à la fois environnementale, sociale et économique. Son objectif ? Réhabiliter les terres dégradées, freiner l’avancée du désert et redynamiser les régions rurales. D’après la Direction générale des forêts, plus de 21 000 hectares ont déjà été replantés. Ce chantier colossal s’accompagne d’importants travaux d’aménagement : 376 kilomètres de pistes rurales ont été créés, facilitant l’accès aux zones isolées et améliorant la mobilité des populations locales. Autre volet clé : la gestion de l’eau. 80 points d’eau ont été installés dans plusieurs régions, tandis que 35 400 m² de lits d’oued ont été réaménagés afin de limiter les risques d’inondation et favoriser la rétention d’eau. Parallèlement, 16 400 hectares ont été classés zones protégées pour la régénération des parcours steppiques, enjeu majeur pour le pastoralisme et l’équilibre écologique des hauts plateaux.

Un financement progressif jusqu’en 2030

Le projet bénéficie d’un financement structuré, à hauteur de plus de 75 milliards de dinars algériens, répartis sur plusieurs tranches jusqu’en 2030. En 2023, un premier financement de 10 milliards de dinars a permis de lancer les premières actions sur 183 communes et 800 zones locales. En 2024, 7,5 milliards de dinars ont été alloués aux institutions chargées de sa mise en œuvre, notamment les Conservations des forêts et les Directions de l’agriculture. Le troisième palier, prévu pour 2025, prévoit 11,9 milliards de dinars pour poursuivre les opérations de reboisement et les activités connexes. Le choix des espèces végétales est au cœur de la stratégie. L’accent est mis sur des plantes résistantes aux conditions arides, à l’image de l’arganier, désormais introduit comme espèce phare du plan quinquennal du ministère de l’Agriculture. Pas moins de 78 585 plants d’arganiers ont déjà été mis en terre dans six wilayas pilotes : Tindouf, Béchar, El Bayadh, Naâma, Mostaganem et Chlef. L’objectif global est d’en planter 238 325 d’ici à la fin du programme. Au-delà des enjeux écologiques, le Barrage Vert vise aussi à désenclaver les zones ruralespréserver les ressources naturelles et améliorer les conditions de vie des habitants. Il s’inscrit dans le cadre d’engagements internationaux comme le Défi de Bonn, qui ambitionne de restaurer 350 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030. Avec ce retour en force, l’Algérie réaffirme sa volonté de conjuguer écologie et développement durable, dans une vision à long terme où la nature devient un pilier de résilience face aux crises climatiques et sociales.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

 

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