L’Algérie entre enracinement et ouverture Cap sur l’autosuffisance et la conquête des marchés internationaux

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Dans son entretien périodique avec la presse nationale, le président Abdelmadjid Tebboune a dessiné les contours d’une Algérie résolument tournée vers l’avenir, où la sécurité alimentaire, la souveraineté économique et les partenariats stratégiques s’entrelacent dans une dynamique ambitieuse de transformation.

« Les produits agricoles algériens séduisent les marchés du Golfe et d’Europe grâce à leur qualité », a affirmé le chef de l’État. Derrière cette percée à l’exportation se cache une réforme structurelle du secteur agricole : allégement des procédures bureaucratiques, encouragement des investissements privés, et modernisation des techniques de culture. Le président a notamment salué les progrès notables dans la culture des fruits dans les wilayas de Boumerdès et Tipaza, symboles d’un secteur agricole en pleine effervescence. Objectif affiché : atteindre l’autosuffisance en blé dur dès 2025, et faire de même, à moyen terme, pour le blé tendre. Mais l’ambition ne s’arrête pas aux céréales. En matière de lait, l’Algérie reste dépendante de l’importation. Pour y remédier, un projet d’envergure est en cours en partenariat avec le Qatar pour produire localement de l’extrait de lait, avec l’introduction de vaches laitières performantes. Le pays reste également confronté à une carence en viandes rouges et blanches, appelant à une réorganisation de toute la filière agroalimentaire. »Le citoyen reste notre priorité absolue », a martelé le président. Dans une conjoncture économique mondiale incertaine, marquée par les effets des crises successives, la lutte contre la pauvreté en Algérie demeure un chantier crucial. Le chef de l’État a évoqué un ensemble de mesures de protection sociale, soulignant l’attachement indéfectible du pays à sa vocation de république sociale. La sécurité hydrique a également été au cœur des discussions, avec un accent mis sur la stratégie de dessalement de l’eau de mer. Ce projet ambitieux vise à garantir une gestion pérenne de la ressource, vitale tant pour la population que pour les besoins agricoles.

Vers une administration numérique et transparente

L’autre levier de transformation structurelle évoqué est celui de la numérisation. Le président a réaffirmé que la digitalisation de l’administration vise à éradiquer la spéculation, renforcer la transparence et améliorer la qualité des services publics, tout en facilitant l’accès des citoyens aux prestations de l’État. Sur le plan diplomatique, l’Algérie continue de tracer une voie de non-alignement assumé, cultivant un équilibre entre les grandes puissances : relations apaisées avec les États-Unis, coopération renforcée avec la Russie et la Chine. « Nous entretenons un dialogue constant avec le président Macron ou son représentant », a-t-il précisé, à propos des relations avec la France, qu’il veut « respectueuses et mutuellement avantageuses ». Avec l’Union européenne, les échanges économiques se consolident, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’énergie et de la recherche. Mais l’Algérie regarde aussi vers l’Afrique et son voisinage immédiat, plaidant pour une coopération Sud-Sud renforcée, fondée sur la solidarité, l’échange de savoir-faire et la construction d’un destin partagé. En conclusion, l’Algérie de 2025 apparaît comme un chantier ouvert, une nation qui puise dans ses racines pour mieux se projeter vers le futur. À travers ses réformes internes et ses partenariats extérieurs, elle affirme son ambition d’être un acteur stratégique au carrefour de la Méditerranée, de l’Afrique et du monde multipolaire.

Par Mohamed Tahar Aissani 

 

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