Blanchiment d’argent:
L’immobilier et l’automobile concernés

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 Il ne sera désormais plus possible de vendre une propriété immobilière en recevant de l’argent liquide. Cela se fera par la banque.   Ce qui n’était que parole en l’air est devenu réalité. L’article 207 de la loi de finances sera intégralement appliqué en ce qui concerne l’immobilier et l’achat et la vente de voitures chez un concessionnaire.

Les promoteurs immobiliers qui ont proliféré ces dernières années comme des champignons en achetant des maisons à des prix exorbitants surtout si celles –ci sont bien situées pour les démolir systématiquement  et construire à la place des immeubles grand standing dont les appartements sont cédés à coups de milliards de centimes. Cependant ce n’est pas cela qui gène le plus l’exécutif bien décidé à lutter contre le blanchiment d’argent. Ce qui gène l’Etat et le trésor public c’est la provenance de tant d’argent qui n’a jamais été déclaré au fisc. En effet les promoteurs immobiliers qui achètent des maisons ou des terrains situés généralement en périphérie des centres urbains, précisément dans les quartiers résidentiels  et de préférence dans des artères très fréquentées ne regardent pas au prix proposé par les vendeurs généralement des propriétaires de maisons sises sur des terrains convoités justement par les promoteurs. Ainsi dans des quartiers considérés comme chics et situés non loin d’artères de référence il est arrivé qu’une maison ou villa sise sur un terrain de plus de cinq cent mètres carrés soient cédée à 15, 17, pouvant aller jusqu’à 20 milliards de centimes. C’est croire que ces promoteurs ont de l’argent à ne savoir qu’en faire, ce qui suppose que de telles sommes d’argent ont une provenance douteuse et c’est un euphémisme que de le dire. Cette prolifération d’achat à des prix qui défient l’entendement a commencé sous le régime politique de l’ex président défunt, Abdelaziz Bouteflika et du staff de prédateurs qui l’entourait ou précisément qui composait sa cour. On se serait cru sous le règne monarchique de Louis 14. Le blanchiment d’argent était monnaie courante. On achetait tout ce qui représentait de la valeur, que celle –ci soit ajoutée comme c’est le cas de la promotion immobilière ou la concession automobile ou de prestige mais qui valait son pesant d’or comme c’est le cas d’achat de bateaux de plaisance, de chevaux pure race lesquels sont achetés en seconde main par quelque émir du golfe. Des sommes d’argent provenant du trafic de stupéfiants, de cigarettes en provenance de pays africains traversant sans encombres les frontières terrestres de l’Algérie totalement poreuses à l‘époque, de vêtements  ou produits de contre façon qui passent la douane sans inquiétude, de l’or en  provenance du moyen et du proche orient traversant. Pendant vingt cinq ans ce genre de trafic  a alimenté des fortunes considérables dont il fallait blanchir car leurs propriétaires ne pouvaient pas les verser dans le système financier légal sans avoir à en expliquer la provenance. Certes une partie est quand même versée dans le circuit bancaire, lequel jusqu’à ces derniers temps n’était nullement regardant, mais l’autre, la plus significative, servait quant à elle, à l’achat de terrains ou de maisons pour construire des immeubles pour une clientèle aisée qui pouvait se permettre d’acheter un appartement à trois ou quatre milliards quand celui-ci est bien situé, surtout en bord de mer. Le promoteur ayant  achevé  son opération immobilière avec succès aura  donc réussi ce qu’on appelle un doublé. Premièrement il aura blanchi son argent le plus facilement du monde et d’autre part  il empoche un bénéfice substantiel en vendant son produit immobilier sans coup férir. Il peut ensuite recapitaliser son compte bancaire de manière tout à fait légale à l’époque. Ce genre d’opérations concerne aussi tous ceux qui commandent chez les concessionnaires autos de tourisme ou à caractère industriel ou semi industriel des véhicules de marque prestigieuse dans le cas de voitures de tourisme dont  le prix  dépasse allègrement les deux milliards de centimes, voire trois et même au delà. Idem pour les véhicules de transport en commun, de fourgons commerciaux toutes options ou d’engins roulants destinés au bâtiment et travaux public.  Abdelmadjid Tebboune qui avait observé tout ce trafic en étant d’abord ministre de l’habitat et ensuite premier ministre en connait parfaitement comment il fonctionne.  Ce débauchage, car ç’en est un, de l’argent qui n’est pas déclaré aussitôt  blanchi pour augmenter encore les sources frauduleuses devait cesser .  Le chef de l’Etat est résolument décidé à y mètre un terme et il a trouvé la solution en inscrivant dans la loi de finances cet article 207  en vigueur cette année, visant à mettre fin à cette envolée d’argent qui échappe au trésor public et qui encourage la prédation économique.

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