France, complice d’un génocide:
L’ombre des armes tricolores sur Gaza

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—

Il est des crimes qu’on ne commet pas les mains sales, mais les poches pleines. Tandis que les bombes pleuvent sur Gaza, que les enfants meurent dans les ruines, que les hôpitaux croulent sous les cris et les cendres, la France — patrie autoproclamée des droits de l’homme — vend, nie, puis revend.

Entre diplomatie hypocrite et business mortel, la République maquille son implication derrière des mots feutrés, pendant que les convois d’armes filent vers Haïfa. Du 16 au 22 juin 2025, l’aéroport du Bourget accueillera le Salon international de l’aéronautique et de l’espace, vitrine clinquante de l’industrie militaire mondiale. Près de 145 organisations ont bien tenté de faire interdire la participation d’Israël, mais aucune ne pèse réellement sur le terrain. L’émotion n’a pas tenu face à l’intérêt : après une timide exclusion en 2024, les géants de l’armement israélien reviennent en force, récompensés pour les massacres de Gaza, du Liban ou du Yémen. La France, elle, déroule le tapis rouge. Officiellement, la France n’envoie pas d’armes à Israël. Officieusement, elle exporte à tour de bras. Selon les révélations de Disclose et Marsactu, des composants de drones Hermes 900 ont bien été fabriqués à Laval, des munitions de mitrailleuses exportées via le port de Fos-sur-Mer, des contrats secrets signés avec des sociétés comme Eurolynx ou Thales. Cette dernière, dont l’État détient plus du quart du capital et plus du tiers des droits de vote, fournit des technologies critiques utilisées pour les frappes ciblées. Les drones, les logiciels espions, les obus… Tout transite, tout tue. Et lorsque des dockers, membres du syndicat CGT, refusent de charger une cargaison mortelle destinée à Tsahal, l’État français envoie… la police. La France n’est pas seule. Les États-Unis assurent à eux seuls 69 % des livraisons d’armes majeures à Israël entre 2019 et 2023. L’Allemagne suit, avec ses sous-marins militaires. L’Italie fabrique des hélicoptères. Le Royaume-Uni, les composants des F-35. Le Canada, malgré ses annonces, continue de livrer des équipements électroniques et des drones. L’Inde, devenue l’un des premiers clients et partenaires technologiques de l’industrie de guerre israélienne, développe même des systèmes d’armes dopés à l’intelligence artificielle, testés directement sur le terrain… à Gaza.

Le double langage de la République

En octobre 2024, Emmanuel Macron appelait de ses vœux à la reconnaissance d’un État palestinien. En parallèle, son administration autorisait, en toute discrétion, la poursuite de livraisons d’armes « défensives ». Des parlementaires, des ONG, même le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont demandé l’arrêt immédiat de ces transferts. Mais Paris tergiverse, refuse de voter les résolutions, nie toute implication. Un jeu de dupes, dont les Palestiniens paient le prix fort. Ironie ultime : plus l’armée israélienne massacre, plus ses ventes s’envolent. En 2024, les exportations d’armes israéliennes ont atteint 15 milliards de dollars, dont plus de la moitié à destination de l’Europe. Les guerres deviennent des démonstrations de performance. Gaza sert de laboratoire, les morts comme indicateurs de réussite. Même les pays arabes signataires des Accords d’Abraham y participent, à hauteur de 12 % des ventes israéliennes. À la date maudite de la Naksa – le 5 juin 1967 – on commémore une défaite, mais surtout une trahison. Celle des régimes arabes qui pactisent avec l’occupant. Celle des puissances occidentales qui ferment les yeux. Mais cette année, à Fos-sur-Mer, à Marseille, à Paris, des citoyens se lèvent. Dockers, syndicalistes, militants… Ils disent non. Ils bloquent les ports. Ils dénoncent ce que la diplomatie tait : la France est, aujourd’hui, impliquée dans un crime contre l’humanité. Ce n’est plus l’heure de l’indignation stérile. C’est le temps de la stratégie. Le temps de la solidarité active. Nous ne vaincrons ni par les pétitions, ni par les likes, mais par la construction d’un front populaire global contre l’impérialisme, le sionisme et leurs relais locaux. La Palestine n’est pas seule. Son combat est le nôtre. Car demain, les mêmes drones qui tuent à Rafah pourront surveiller nos rues. Les mêmes entreprises qui vendent des missiles testeront leurs technologies sur nos libertés. Il ne s’agit plus d’aider la Palestine. Il s’agit de s’aider nous-mêmes, en défendant ce qu’il reste d’humain en ce monde.

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