Crise à Rabat:
Les services secrets marocains en guerre ouverte

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—Un parfum de guerre froide plane sur les plus hautes sphères sécuritaires marocaines. Ce qui se tramait depuis longtemps dans les couloirs obscurs du régime vient d’éclater au grand jour : une véritable guerre interne secoue l’État profond marocain, révélant les dérives autoritaires d’un pouvoir qui vacille sur ses fondations.

En effet, c’est comme nous l’avions annoncé dans notre édition d’hier c’est le journaliste et ex-diplomate marocain Ali Lemrabet qui lève le voile sur ses réseaux sociaux sur un affrontement souterrain aux relents de purge stalinienne, mettant en lumière l’appétit de pouvoir sans limite d’Abdellatif Hammouchi, le tout-puissant patron à double casquette de la DGSN (police nationale) et de la DST (police politique). Selon les révélations explosives de Lemrabet, Hammouchi agit désormais comme un véritable seigneur féodal, s’octroyant un pouvoir sans contrepoids. À travers son bras médiatique, le site Barlamane.com, financé par des fonds secrets et lié à la DST, il a lancé une offensive médiatique sans précédent contre la DGED (renseignement extérieur), principal rival au sein du complexe sécuritaire du régime makhzenien. Le but de cette manœuvre ? Éliminer toute concurrence, notamment Mehdi Hijaouy, ex-numéro deux de la DGED aujourd’hui en exil. Pour l’atteindre, Hammouchi n’a pas hésité à employer des méthodes d’un autre âge : instrumentalisation de la justice antiterroriste, descentes ciblées, arrestations arbitraires. Au cœur de cette sombre affaire, une banale licence d’exploitation délivrée légalement à Rabat. Qu’à cela ne tienne : la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), à la solde d’Hammouchi, est mobilisée comme s’il s’agissait de neutraliser un réseau djihadiste. Résultat : fermeture d’une SPA appartenant à l’épouse de Hijaouy, interpellation de hauts fonctionnaires municipaux et présentation express des suspects devant un tribunal… antiterroriste ! Même l’avocate de la défense avouera son incrédulité devant cette dérive kafkaïenne. Un théâtre d’absurde, où une procédure administrative devient soudainement une menace pour la sécurité nationale. Plus grave encore : Barlamane.com n’hésite pas à insinuer que le ministre de l’Intérieur lui-même, Abdelouafi Laftit, – pourtant théoriquement supérieur hiérarchique de Hammouchi – serait mêlé à un « complot contre l’État ». Un acte d’accusation à peine voilé, répété à deux reprises, qui marque une rupture brutale avec la chaîne constitutionnelle de commandement. Dans l’armée et la gendarmerie, les sourcils se froncent, les inquiétudes montent. Car cette montée en puissance incontrôlée d’Hammouchi n’est plus perçue comme un simple jeu de pouvoir, mais comme une dérive dictatoriale, susceptible de menacer l’équilibre des institutions marocaines. Cette lutte fratricide entre DST et DGED n’est pas anodine : elle révèle les fractures profondes qui rongent le régime marocain, gangrené par les rivalités de clans, les abus de pouvoir et l’absence totale de garde-fous démocratiques. Ali Lemrabet, avec son regard d’ancien diplomate, tire la sonnette d’alarme : « Quand la police politique outrepasse ses prérogatives, manipule la justice et tente de soumettre l’appareil d’État à ses ambitions, le risque d’un effondrement institutionnel n’est plus une fiction ».

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