Le verdict concernant Boualem Sansal est tombé:
Confirmation des 5 ans prononcés en première instance

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 Il fallait s’y attendre. La peine prononcée lors du premier procès de Boualem Sansal a été confirmée hier par la cour d’Alger. Le concerné peut, bien sûr, saisir la Cour suprême, tout comme d’ailleurs le ministère public, ils en ont tout à fait le droit, mais cela prendra du temps. Sansal compte surtout sur la grâce présidentielle que le chef de l’Etat accorde à l’occasion de la fête de l’indépendance, c’est-à-dire samedi prochain.

Il ne fallait surtout pas compter sur une remise en cause du premier verdict, non pas que cela ne se fasse pas mais parce que les faits reprochés à l’accusé sont trop graves pour que le ou les juges annoncent une réduction de la peine prononcée lors du procès en première instance. L’accusation « Atteinte à l’unité du pays » correspond à un acte de haute trahison et il doit, sans concession, être puni. Les cinq ans prononcés lors du premier jugement au lieu des dix requis par le représentant du ministère public  constituent un strict minimum et cela vaut également pour les dix ans requis. La peine aurait pu être bien plus lourde car les faits reprochés à cet accusé méritaient une sanction exemplaire mais on a sans doute pris en considération l’âge avancé du concerné et son état de santé. De toute façon cette affaire Sansal sur le plan strictement judiciaire a trouvé son épilogue (même s’il reste un recours possible à la cour suprême). Par contre sur le plan politique, il en est autrement. Certes aussitôt à l’énoncé du verdict de cinq ans Paris et particulièrement  Jean Noel Barrot n’ont pas jeté pour ainsi dire de l’huile sur le feu voulant ainsi nullement compromettre les chances d’une grâce présidentielle que le président Tebboune prononcera, comme il a l’habitude de le faire, à l’occasion du 5 juillet. Le ministre français des AE en appelle d’ailleurs au chef de l’Etat algérien, lui demandant humblement de gracier Boualem Sansal, à cause, précise t-il, de son grand âge et de sa santé précaire. C’est donc un appel purement humanitaire. Il se peut que le président algérien y accède. On connait le coté humanitaire d’Abdelmadjid Tebboune. Il l’a d’ailleurs prouvé maintes et maintes fois à l’occasion de tous les 5 juillet qui ont précédé celui à venir. Des milliers de détenus, de droit commun mais aussi de quelques personnes ayant dépassé les limites de leur profession en véhiculant de fausses informations ou en participant à des marches à caractère séditieux alors que la déontologie de leur profession le leur interdisait. S’agissant de Boualem Sansal c’est une autre affaire. Les faits qui sont reprochés à cet homme, moitié citoyen algérien, moitié citoyen français sont d’une extrême gravité du point de vue de la législation algérienne. Ce n’est donc pas si simple comme on voudrait nous le faire croire. Pourtant la démarche française qui a abandonné le coté invective pour choisir celui de l’humilité et de l’appel à la compassion en avançant comme argument l‘âge de cet homme qui vient d’être condamné  et son état de santé « préoccupant » a quelque chance d’aboutir. Elle  peut, en effet, trouver un écho favorable chez le président algérien, lequel doit  estimer probablement que dans cette affaire l’apaisement serait meilleur que la confrontation. Par ailleurs il faut remarquer et c’est important de le souligner que Jean Noel Barrot ne met en aucun cas en cause le verdict prononcé hier mardi. Cela prouve que la France a finalement compris que l’Algérie n’est pas le Maroc et qu’en matière de souveraineté il n’est pas recommandé de la chatouiller sur un tel principe.

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