Algérie–UE:
Alger déplore une décision unilatérale et appelle au retour au dialogue

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—L’Algérie a exprimé son étonnement et sa déception après l’annonce, par la Commission européenne, du lancement d’une procédure d’arbitrage dans le cadre de l’accord d’association entre Alger et Bruxelles. Par la voix du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, le gouvernement algérien déplore une décision jugée « unilatérale » et contraire à l’esprit de partenariat que les deux parties s’étaient engagées à promouvoir depuis la signature de l’accord en 2005.

En effet, dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères a confirmé avoir été notifié par la Direction générale du commerce de la Commission européenne du déclenchement d’une procédure d’arbitrage portant sur des supposées restrictions au commerce et à l’investissement. Des allégations que l’Algérie juge infondées, d’autant plus que plusieurs des points de désaccord faisaient, selon Alger, l’objet d’un traitement constructif. «Cette décision intervient de manière précipitée, après seulement deux cycles de discussions menés en moins de deux mois», a regretté Ahmed Attaf dans une lettre adressée à Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne. Il souligne que six des huit dossiers en discussion avaient connu des avancées significatives, et que des propositions concrètes avaient été soumises par la partie algérienne concernant les deux autres, sans retour de l’Union européenne. Le chef de la diplomatie algérienne dénonce également l’attitude de la Commission qui, selon lui, «vide de sa substance» le Conseil d’association — instance centrale de gouvernance de l’accord — en l’écartant du processus décisionnel. « Ce conseil ne s’est pas réuni depuis cinq ans, malgré les demandes répétées de l’Algérie », rappelle-t-il. Dans ce contexte, Ahmed Attaf, qui assure la présidence tournante du Conseil d’association pour l’année en cours, a annoncé la convocation d’une session extraordinaire dans les plus brefs délais. Objectif : restaurer le dialogue et garantir une évaluation équilibrée des préoccupations des deux parties, conformément aux articles 92 et 100 de l’accord d’association. Cette nouvelle crise diplomatique s’inscrit dans un contexte plus large de réajustement stratégique d’Alger dans ses relations économiques internationales. L’Algérie, tout en réaffirmant son attachement au partenariat avec l’Europe, réclame davantage de respect mutuel et d’équilibre dans les échanges. La réaction rapide et structurée du gouvernement algérien démontre une volonté claire : défendre sa souveraineté économique tout en maintenant une coopération saine et équitable avec ses partenaires européens. Elle invite également à une remise en question du fonctionnement actuel des instances européennes en matière de dialogue bilatéral, jugé parfois rigide et peu attentif aux dynamiques régionales spécifiques. Alors que l’arbitrage se profile, Alger plaide pour le retour à un dialogue franc, loyal et institutionnalisé. Une position de fermeté, certes, mais aussi d’ouverture, fidèle à la vision de partenariat stratégique que l’Algérie continue de promouvoir avec ses voisins européens.

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