Décidément l’Algérie n’a pas d’atomes crochus avec les systèmes économiques inter continentaux. C’était le cas avec l’OMC, avec les BRICS et à présent avec l’UE. En fait ce genre d’organisations veulent imposer leurs normes aux pays qui veulent adhérer à leurs protocoles. Le choix est simple c’est se soumettre ou se démettre.
Des normes qui profitent à leurs auteurs mais certainement pas aux partenaires. Un partenaire comme l’Algérie apparaît trop exigeant, aimant plus qu’il n’en faut sa souveraineté économique et cela une organisation comme l’OMC, celle para économique comme les BRICS ou depuis un certain temps la commission de l’Union européenne chargée de conclure des accords de partenariat avec les pays du sud est considéré comme insupportable. Pourtant dans le cas de la révision des accords d’association avec l’UE, l’Algérie s’est montrée conciliante dans bien des domaines et tout était quasiment prêt pour la signature d’un tel accord. Soudain c’est un brusque retournement de la position de la commission européenne. Pourquoi? Tout simplement par la prise de décisions souveraines prises par le gouvernement algérien qui ont semblé intolérables pour la mission de l’UE chargée de réviser l’accord d’association qui date de vingt ans et qui avait très largement profité à cette instance économique au détriment de l’Algérie. Tout semblait fonctionner jusqu’à ce revirement incompréhensible de la responsable commissionnaire de l’UE Kaja Kalas. Celle –ci trouve que l’Algérie exerce un protectionnisme qui n’a pas lieu d’être. Or ce n’est pas du tout l’avis du gouvernement algérien qui considère que rien ne l’oblige à consommer des produits européens dont, d’une part elle n’en a pas vitalement besoin, et d’autre part parce qu’elle a atteint l’auto suffisance dans la production de ces mêmes produits. En effet quoi de plus naturel que cette décision de réduire de la liste des produits européens jusqu’ici importés en énormes quantités, provoquant de surcroit, un déficit avéré dans la balance commerciale algérienne. La commission européenne ne l’entend pas de cette oreille et exige que l’on retourne à l a situation antérieure moyennant quelques améliorations, lesquelles pour le gouvernement algérien sont loin d’être un exemple d’équité. En fait il y a derrière ce revirement l’influence de la France. En effet la décision d’acheter du blé autre que français a fortement déplu à Paris. L’UE a pris la défense des intérêts français et elle le fait savoir clairement. La responsable de l’UE veut imposer au gouvernement algérien l’achat du blé français, lequel ne trouve pas preneur car les céréaliers de ce pays vendaient majoritairement leur blé à l’Algérie à des prix deux fois plus chers que ceux de la Russie impactant lourdement la facture d’achat de ce blé coté algérien. Malgré cela l’Algérie continuait d’en acheter pour ne pas froisser la France qui avait signé en 2022 un partenariat exclusif avec l’Algérie. A partir du moment où la politique française évolua dans le sens contraire d’une vision d’amitié qu’Alger croyait immuable avec d’abord la reconnaissance de la «marocanité» du Sahara occidental, de l’affaire des OQTF concoctée par un ministre de l’intérieur viscéralement anti algérien, suivie d’un montage de scénario rocambolesque concernant un pseudo kidnapping d’un influenceur anti algérien auquel il faut aussi greffer l’affaire Sansal cela en faisait décidément trop pour entretenir une relation proclamée trois ans auparavant par Emmanuel Macron comme exceptionnelle. Logiquement tout ce qui se passe entre la France et l’Algérie ne doit, en aucun cas, impacter les discussions autour d’un renouvellement de l’accord d’association avec l’UE sur une base mutuellement profitable. Il se trouve qu’on s’est trompé et que la commission européenne a pris son parti, celui de la France. Elle demande à l’Algérie de revoir sa copie. C’est NON ! a répondu en substance Ahmed Attaf ministre algérien des AE à Madame Kallas. SI rupture survenait ce sera la faute de l’UE et non du gouvernement algérien. De toute façon l’Algérie conserve des relations commerciales bilatérales et mutuellement profitables avec un grand nombre de pays membres de l’UE. Alors cet accord d’association avec l’UE n’est pas indispensable, du moins au prix fort et déprimant exigé par cette organisation continentale.
