Le double jeu du roi du Maroc:
Main tendue à l’Algérie, poignard dans le dos

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Casablanca,(Marruecos) 01/06/2024 SM el Rey Mohammed VI preside un consejo de ministros. EFE/MAP***Crédito obligatorio*** (MaxPPP TagID: efespseventeen022977.jpg) [Photo via MaxPPP]

Par Kheireddine Boukhalfa—/—Alors que le roi du Maroc, Mohammed VI, prononçait ce mardi soir, à l’occasion du 26ᵉ anniversaire de son accession au trône, un discours qui se voulait fraternel à l’égard de l’Algérie, une campagne médiatique virulente, orchestrée directement depuis le palais royal, se poursuivait contre la mémoire collective algérienne et contre ceux qui osent contrer les thèses expansionnistes du régime chérifien. Un contraste saisissant qui trahit une stratégie de duplicité soigneusement calculée. En effet, dans son discours à la nation, le monarque marocain a tenu à réaffirmer sa volonté de « bon voisinage » avec l’Algérie, saluant le peuple algérien comme un « peuple frère » avec lequel le Maroc partagerait un « destin commun ». Des propos empreints de douceur diplomatique, mais qui ne résistent pas à l’épreuve des faits. Car, en coulisse, c’est une toute autre dynamique qui est à l’œuvre. Le palais royal mène en parallèle une guerre larvée contre l’Algérie, ciblant l’un de ses fondements historiques : la mémoire de la Révolution. Une offensive menée par des relais médiatiques étroitement liés au pouvoir, au premier rang desquels figure le site Le360, propriété de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi. Dernier épisode de cette offensive : un article publié le 29 juillet 2025 sous la plume du pseudo-historien Bernard Lugan, figure familière des milieux d’extrême droite français, et habitué des tribunes du média précité. Lugan s’y attaque frontalement au Congrès de la Soummam, jalon essentiel de l’organisation de la lutte de libération nationale algérienne, insinuant que les chefs de la Révolution auraient fomenté entre eux des règlements de comptes sanglants — un argumentaire poussiéreux que la propagande coloniale elle-même avait jadis tenté de faire passer, sans succès. Plus préoccupant encore est l’acharnement du régime marocain contre Benjamin Stora, historien français respecté et voix influente dans les débats mémoriels entre la France et l’Algérie. Parce qu’il a osé réfuter, dans les médias français, les thèses territoriales marocaines véhiculées notamment par des auteurs comme Boualem Sansal, le palais royal a enclenché une violente campagne de dénigrement à son encontre. Le360, toujours sous la houlette de Majidi, n’a pas hésité à qualifier Stora de « derviche au service de l’Algérie » et de « fossoyeur de la réconciliation ». Une rhétorique empruntée à l’imaginaire inquisitorial d’un régime monarchique qui tolère mal la contradiction. Le crime de Stora ? Avoir rappelé, sur un plateau de télévision français, que Tlemcen et Mascara, présentées par Sansal comme marocaines, sont au contraire des berceaux de l’identité nationale algérienne, ayant vu naître Messali Hadj et l’émir Abdelkader. Dans cette stratégie de guerre informationnelle, Boualem Sansal joue le rôle du « dissident utile ». En se positionnant systématiquement contre le récit national algérien, en reprenant sans filtre les éléments de langage marocains et en niant l’intégrité territoriale de l’Algérie, il devient l’instrument parfait d’un système en quête de légitimation extérieure.  Le contraste est frappant entre le ton conciliant du roi Mohammed VI et la violence symbolique déployée contre l’Algérie sur le plan mémoriel. Cette dualité n’est pas fortuite, mais relève d’un double discours diplomatique structuré : tendre la main pour plaire aux chancelleries occidentales, tout en poignardant la mémoire historique algérienne par des canaux pseudo-intellectuels. Cette stratégie n’est pas nouvelle, mais elle devient de plus en plus visible à mesure que le régime marocain s’enferme dans ses obsessions hégémoniques, et que sa posture « progressiste » s’effrite au contact des réalités géopolitiques régionales.

 

 

 

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