Gouvernement Sifi:
Un remaniement aux allures de recomposition nationale

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Mohamed Tahar Aissani—/—

Le nouveau gouvernement vient d’être dévoilé, et avec lui un parfum de continuité autant que de rupture. Le président Abdelmadjid Tebboune a choisi de confier les clés de l’exécutif à Saïfi Ghrib, nommé Premier ministre, entouré d’une équipe où se mêlent figures confirmées et visages nouveaux, dans une architecture qui traduit les priorités et les contradictions d’un État en quête de souffle.

Ahmed Attaf demeure à la tête de la diplomatie, symbole d’une Algérie qui veut s’affirmer sur les scènes africaine et internationale. À ses côtés, le général Saïd Chengriha devient ministre délégué à la Défense et chef d’état-major, incarnation d’un pouvoir militaire qui ne se cache plus derrière le rideau, mais assume sa centralité. Mohamed Arkab prend la charge des hydrocarbures et des mines, cœur battant d’une économie encore prisonnière de la rente. Brahim Merad, lui, se voit confier l’inspection générale des collectivités, un poste qui résonne comme un avertissement : l’État entend surveiller, contrôler, rationaliser. Le champ social et éducatif connaît aussi ses bascules : Kamel Baddari hérite de l’Enseignement supérieur, Mohamed Seghir Saadoui de l’Éducation nationale, et Malika Bendouda revient à la Culture. Dans ce même élan, des femmes comme Amel Abdelatif au Commerce intérieur, Soraya Mouloudji à la Solidarité, Kaouther Krikou à l’Environnement, Houria Meddahi au Tourisme, ou encore Najiba Djelali aux Relations avec le Parlement incarnent une tentative — encore timide — de féminiser les leviers du pouvoir. La mosaïque ministérielle s’étend à des secteurs stratégiques : Abdelkarim Bouzerd aux Finances, Mohamed Seddik Aït Massoudene à la Santé, Wacim Kouidri à l’Industrie pharmaceutique, Yacine Mehdi Walid à l’Agriculture et à la Pêche, Mourad Adjal à l’Énergie et aux renouvelables, Kamel Rezig aux Exportations. La création de nouveaux portefeuilles, comme celui du savoir et des start-up confié à Noureddine Wadah, ou encore l’installation de Mustapha Hidaoui à la Jeunesse, trahissent une volonté d’anticiper les défis technologiques et générationnels. Mais cette vitrine cache mal les permanences : le poids des appareils sécuritaires, la domination persistante des hydrocarbures, et l’absence d’un souffle politique véritablement démocratique. Les nominations d’Abdelmalek Tachrifet aux Moudjahidines, de Lotfi Boujemaa à la Justice, de Saïd Sayoud à l’Intérieur, ou de Mohamed Tarek Belaribi au Logement s’inscrivent dans une logique de verrouillage plus que d’ouverture. À travers ces nominations, le pouvoir cherche à donner l’image d’une Algérie résolue à moderniser ses institutions, à diversifier son économie, à intégrer la jeunesse et à valoriser la femme

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