L’économie algérienne, traditionnellement dominée par les hydrocarbures, est engagée dans un processus de transformation ambitieux sous l’impulsion du Président Abdelmadjid Tebboune.
Cette nouvelle dynamique est portée par une série de mégaprojets structurants visant à diversifier les sources de revenus, à renforcer la souveraineté nationale et à créer de la richesse hors du secteur pétrolier et gazier. Les investissements massifs dans les mines de fer de Gara Djebilet et de phosphate de Bled El Hadba, ainsi que dans les infrastructures connexes, constituent le pilier de cette stratégie. La diversification économique algérienne mise clairement sur la valorisation de son immense potentiel minier. Deux gisements colossaux, longtemps restés à l’état de projets, sont désormais au cœur des efforts pour propulser l’Algérie parmi les acteurs majeurs des matières premières et des produits transformés à l’échelle mondiale.
Gara Djebilet : Le géant du fer se réveille
Située dans la wilaya de Tindouf, la mine de Gara Djebilet est un gisement de fer d’une ampleur exceptionnelle, avec des réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes, dont 1,7 milliard de tonnes sont exploitables. Son exploitation est un tournant stratégique pour l’industrie sidérurgique nationale. Objectif : Assurer l’autosuffisance en minerai de fer pour les usines nationales de sidérurgie (comme Tosyali ou El Hadjar) et dégager d’importants excédents pour l’exportation (notamment vers la Chine et la Russie), augmentant ainsi significativement les recettes hors hydrocarbures. Pour sa mise en œuvre, le projet prévoit une montée en puissance progressive, avec un objectif de production de 12 millions de tonnes de fer par an à partir de 2025/2026. La concrétisation de ce projet est intimement liée à la construction d’une ligne ferroviaire stratégique reliant la mine à Béchar, sur près de 1 000 km, pour acheminer le minerai vers les zones de transformation et les ports d’exportation.
Le complexe intégré de phosphate à Tébessa
L’Algérie ambitionne également de devenir un acteur majeur dans le domaine des engrais agricoles grâce au lancement du mégaprojet intégré de phosphate dans l’Est du pays, dont le cœur est le gisement de Bled El Hadba à Tébessa. Ce gisement contient des réserves exploitables supérieures à 800 millions de tonnes (sur un total de 1,2 milliard de tonnes). Le projet dépasse la simple extraction minière. Il s’agit d’un complexe intégré qui couvrira toutes les étapes, de l’extraction à la transformation du minerai en engrais phosphatés et azotés. Il vise à garantir la sécurité alimentaire du pays en fournissant les engrais nécessaires à l’agriculture locale, tout en positionnant l’Algérie sur le marché international avec un objectif de production pouvant atteindre 7 millions de tonnes de phosphate par an pour l’exportation. Ce mégaprojet, qui s’étend sur trois wilayas (Tébessa, Souk Ahras et Annaba), est réalisé en grande partie par les groupes nationaux Sonatrach et Sonarem, en s’appuyant sur des compétences algériennes. Les autres projets phares du mandat Tebboune s’étendent au-delà du secteur minier. Ainsi le gouvernement a engagé des investissements colossaux (plusieurs dizaines de milliards de dollars) dans d’autres domaines essentiels, considérés comme des projets structurants pour moderniser l’économie et améliorer le cadre de vie. Un investissement majeur est consacré à l’extension et à la modernisation du réseau ferroviaire national, non seulement pour le transport du minerai, mais aussi pour le fret et les passagers. Le stress hydrique a conduit au lancement accéléré de la construction de grandes usines de dessalement de l’eau de mer (plusieurs sites comme Cap Djinet, Fouka, Koudiet Eddraouche), visant à sécuriser l’approvisionnement en eau potable et à réduire la dépendance aux précipitations. Quant aux énergies renouvelables des initiatives sont également en cours pour leur développement incluant des projets d’envergure pour la production d’hydrogène vert.
Une feuille de route ambitieuse
L’ensemble de ces mégaprojets témoigne de la détermination politique à construire une économie forte, équilibrée et durable, moins sensible aux fluctuations des prix des hydrocarbures. Bien que certains projets héritent de plans antérieurs, leur relance et leur accélération sous la présidence Tebboune sont claires. En capitalisant sur ses richesses naturelles hors pétrole, l’Algérie se donne les moyens d’atteindre les objectifs de croissance hors hydrocarbures fixés pour les prochaines années, se positionnant ainsi comme un acteur économique régional de premier plan. Le succès de cette stratégie repose désormais sur la stricte exécution des calendriers et la maîtrise des coûts pour transformer ces énormes potentiels en valeur ajoutée concrète pour le pays.
