Par Kheireddine Boukhalfa—-/—
Le ministère de l’Industrie a adressé une correspondance aux concessionnaires de véhicules neufs afin qu’ils transmettent, dans les plus brefs délais, un ensemble d’informations détaillées concernant leurs réseaux de distribution et la disponibilité des pièces de rechange. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du suivi du secteur automobile et du contrôle du respect des obligations réglementaires imposées aux opérateurs. En effet, dans sa demande, le ministère invite les concessionnaires agréés à fournir la liste complète de leurs distributeurs présents à travers les 28 wilayas concernées par leur réseau, conformément aux exigences prévues par la réglementation. Les opérateurs doivent également communiquer des informations précises sur la disponibilité des pièces détachées et des accessoires automobiles au sein de leurs circuits de distribution. Cette procédure s’appuie sur les dispositions du décret exécutif n°22-383 du 17 novembre 2022, qui fixe les conditions et modalités d’exercice de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs en Algérie. À travers cette initiative, les autorités souhaitent vérifier si les concessionnaires respectent effectivement les engagements inscrits dans leur cahier des charges, notamment en matière de couverture géographique et de services après-vente. L’objectif est aussi de s’assurer que les opérateurs n’ont pas obtenu leur agrément sans mettre en place de véritables points de vente, ateliers d’entretien ou réseaux de maintenance. Les pouvoirs publics veulent ainsi éviter que certaines structures ne se limitent à des adresses administratives sans infrastructures opérationnelles sur le terrain. Cette démarche doit également permettre à la commission ministérielle chargée du suivi du dossier automobile d’évaluer la capacité réelle des concessionnaires à répondre à la demande croissante des clients. La décision intervient également dans un contexte marqué par des fluctuations dans la disponibilité des pièces détachées sur le marché, accompagnées d’une hausse des prix. En exigeant ces informations, le ministère entend contraindre les opérateurs à garantir l’approvisionnement en pièces d’origine pour les véhicules qu’ils importent ou commercialisent. Selon les règles en vigueur, un concessionnaire est tenu d’assurer la disponibilité des pièces de rechange pour une durée minimale de dix ans à partir de la mise sur le marché du véhicule. Cette obligation vise à protéger les consommateurs et à limiter le recours aux pièces de provenance douteuse qui circulent dans le marché parallèle. L’initiative vise également à freiner les pratiques spéculatives liées à la vente de pièces contrefaites ou de qualité médiocre, susceptibles de mettre en danger la sécurité des automobilistes. Au-delà du simple contrôle administratif, cette opération est perçue comme une étape dans la réorganisation du secteur automobile en Algérie. Elle devrait permettre d’identifier les opérateurs réellement capables d’assurer un service durable et d’écarter les concessionnaires opportunistes dépourvus de moyens techniques ou financiers suffisants. Les autorités estiment en effet que seuls les opérateurs disposant d’un réseau solide et d’un service après-vente efficace pourront, à terme, devenir des partenaires crédibles dans la perspective du développement de l’industrie mécanique nationale. Ainsi, les concessionnaires concernés sont invités à transmettre les informations demandées à la Direction générale du développement industriel par courrier électronique. Le ministère rappelle que toute fausse déclaration ou insuffisance dans la couverture territoriale des 28 wilayas peut être considérée comme un manquement au cahier des charges, susceptible d’entraîner des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de l’agrément.
