Par Kheireddine Boukhalfa—/—
L’Algérie a consolidé sa position parmi les principaux fournisseurs de gaz naturel de l’Espagne en février 2026, se classant au deuxième rang des partenaires énergétiques du pays ibérique. C’est ce qui ressort du dernier bulletin statistique publié par Enagás, le gestionnaire technique du système gazier espagnol, qui indique que le gaz algérien a représenté près d’un tiers des importations du pays au cours du mois. Selon ces données, l’Algérie a acheminé 9 151 GWh de gaz naturel via gazoduc vers l’Espagne en février, ce qui correspond à 29,1 % des entrées totales du système gazier espagnol. Elle se place ainsi derrière les États-Unis, qui ont fourni 10 612 GWh, exclusivement sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), soit 33,8 % du total des importations. À eux seuls, ces deux pays ont couvert près des deux tiers des besoins d’importation espagnols durant ce mois, confirmant le poids stratégique du partenariat énergétique entre Alger et Madrid. Derrière ces deux principaux fournisseurs, la Russie occupe la troisième position avec 4 582 GWh, soit 14,6 % des approvisionnements, également sous forme de GNL. Elle est suivie par le Nigeria, qui a livré 3 841 GWh, représentant 12,2 % du total, ainsi que par l’Angola avec 2 045 GWh, soit 6,5 %. D’autres pays ont contribué avec des volumes plus modestes, notamment le Qatar avec 824 GWh, le Portugal avec 378 GWh et la France avec 203 GWh. À ces flux s’ajoutent également des apports marginaux provenant du Congo, du Sénégal, des gisements nationaux espagnols ainsi que du biométhane injecté dans le réseau. Au total, les entrées dans le système gazier espagnol ont atteint 31 422 GWh en février. Les données d’Enagás montrent également que le gaz naturel liquéfié occupe une place de plus en plus dominante, représentant 68,8 % des volumes importés, contre 61,9 % à la même période l’année précédente. Cette évolution reflète la transformation progressive du marché gazier européen, caractérisée par une diversification accrue des sources et des modes d’approvisionnement. Sur les deux premiers mois de l’année 2026, la hiérarchie des fournisseurs reste globalement stable. Les États-Unis arrivent en tête avec 25 871 GWh, soit 39,3 % des importations espagnoles, suivis par l’Algérie avec 19 243 GWh, représentant 29,2 %, puis par la Russie avec 8 957 GWh, soit 13,6 %. Depuis le début de l’année, l’Espagne a fait appel à neuf pays différents pour sécuriser ses approvisionnements en gaz, illustrant sa stratégie de diversification énergétique. Sur une période plus longue, allant de mars 2025 à février 2026, la performance algérienne apparaît encore plus marquée. Durant ces douze mois, l’Algérie a livré 107 114 GWh de gaz à l’Espagne, ce qui représente 34,1 % des approvisionnements du pays. Elle devance ainsi les États-Unis, avec 117 819 GWh correspondant à 31,3 %, ainsi que la Russie, qui totalise 42 931 GWh, soit 11,4 %. Ce résultat confirme la fiabilité et la compétitivité du gaz algérien sur le long terme, principalement acheminé via le gazoduc Medgaz, reliant directement Beni Saf à Almería.
