Maroc-Le prix de la normalisation:
Quand le mépris israélien réduit le Maroc au rang de vassal africain

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L’éclat médiatique provoqué par les propos attribués à un proche conseiller de Benyamin Netanyahou, qualifiant les Marocains de «singes d’Afrique», a déclenché une onde de choc diplomatique et une indignation profonde au sein de l’opinion publique. Cette sortie d’une violence verbale inouïe, empreinte d’un racisme décomplexé, vient percuter de plein fouet la lune de miel que tentent d’entretenir Rabat et Tel-Aviv depuis la signature des Accords d’Abraham. Cette insulte agit comme un révélateur brutal de la perception réelle qu’ont certains cercles de l’extrême droite israélienne envers leurs alliés marocains. Alors que le Maroc a consenti à des sacrifices diplomatiques majeurs et à une exposition critique sur la scène régionale pour normaliser ses relations, ce type de déclaration vient rappeler la fragilité d’une alliance perçue par certains comme purement transactionnelle. Traiter un peuple allié de «singes» n’est pas seulement une offense à la dignité marocaine, c’est une remise en question de la considération même de l’autre comme partenaire égal.
Une vassalité mise à l’épreuve
Pour Rabat, cet incident est un camouflet difficile à digérer. Il renforce le sentiment, partagé par une partie de la population et des observateurs régionaux, que le Royaume s’est engagé dans une voie où il donne beaucoup plus qu’il ne reçoit. En acceptant de devenir un pilier de la stratégie sécuritaire israélienne en Afrique du Nord, le Maroc espérait un respect mutuel et une reconnaissance pérenne. Se voir réduit à une caricature raciste et primitive par l’entourage immédiat du pouvoir israélien souligne la posture de la «vassalisation» : celui d’être utilisé comme un outil stratégique sans jamais être considéré comme un frère d’armes ou un allié respectable. L’absence de réaction immédiate et ferme ou les tentatives de minimiser de tels propos peuvent s’avérer dévastatrices pour la cohésion nationale marocaine. La jeunesse, déjà sensible à la cause palestinienne et aux tensions régionales, voit dans ce mépris racial la preuve que l’alignement sur Tel-Aviv est un marché de dupes. Ce «racisme de salon» qui s’exprime au plus haut niveau de l’État israélien ne pourrait pas devenir le grain de sable qui gripperait la machine de la normalisation, rappelant que derrière les contrats d’armement et les poignées de main officielles, les préjugés coloniaux et suprémacistes restent des obstacles infranchissables. Au-delà de la politique, c’est une blessure identitaire pour tout un peuple ou plutôt pour les sujets du roi adeptes des courbettes et de l’obséquiosité. En utilisant l’appellation «singes d’Afrique», le conseiller de Netanyahou ne s’attaque aux autorités marocaines et à l’essence même du Maroc pays normalisateur avec Israel. Cette insulte globale montre une connaissance profonde et un dédain souverain pour les racines du Royaume, tentant de le reléguer à une sous-catégorie humaine. C’est un rappel sanglant que pour certains faucons de Tel-Aviv, le Maroc n’est qu’un terrain de manœuvre et ses habitants, des acteurs de second plan dont on peut disposer au gré des intérêts du moment.

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