Le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger a été convoqué, cette semaine, par le ministère des Affaires étrangères. Les autorités algériennes exigent des explications urgentes sur l’incarcération prolongée d’un agent consulaire algérien en France, placé en détention provisoire. Alors que l’on s’attendait à une mesure d’apaisement, sa détention vient d’être renouvelée, sur fond d’allégations de mauvais traitements, aggravant une situation déjà explosive. Une fois de plus, le dialogue bilatéral semble victime d’un sabotage délibéré. Pourtant, les récents signaux pointaient vers une normalisation : la visite à Alger de Laurent Nuñez et les déclarations de Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, laissaient espérer que le pragmatisme l’emporterait enfin sur la passion. C’était sans compter sur l’activisme de «forces obscures» viscéralement anti-algériennes qui, cette fois, utilisent l’appareil judiciaire comme un couperet. En invoquant l’indépendance de la justice, Paris se dédouane, mais Alger n’est pas dupe du timing de cette décision. La réponse d’Alger pourrait ne pas se limiter à de simples protestations diplomatiques. Le principe de réciprocité, ou « l’effet boomerang », plane sur le dossier. Le sort de Christophe Gleizes, journaliste français condamné en Algérie à sept ans de prison pour apologie du terrorisme, pourrait devenir le miroir de cette crise. Si son pourvoi en cassation venait à s’éterniser ou à être rejeté, il purgerait l’intégralité de sa peine. Ce scénario, que Paris redoute par-dessus tout, illustre la fragilité d’un équilibre diplomatique désormais suspendu aux décisions des tribunaux de part et d’autre de la Méditerranée.
La nébuleuse anti-algérienne en France
Le climat délétère actuel est alimenté par une véritable cabale dont les visages sont de plus en plus identifiables. Cette coalition hétéroclite rassemble l’ensemble de l’extrême droite et de la droite identitaire : du Rassemblement National de Marine Le Pen et Jordan Bardella à « Reconquête » d’Éric Zemmour et Sarah Knafo, en passant par l’UDR d’Éric Ciotti et la frange LR menée par Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et François-Xavier Bellamy. À ces rangs s’ajoutent les courants de Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan, formant un bloc xénophobe qui ne cache plus ses intentions funestes envers l’Algérie. Au-delà de la géopolitique, c’est la communauté algérienne et franco-algérienne établie en France qui se retrouve en première ligne. Cette hostilité, alimentée en coulisse par des lobbies comme le CRIF ou les services d’influence marocains, crée une insécurité quotidienne pour nos compatriotes. Les semaines à venir seront décisives : elles diront si Paris a la volonté politique de neutraliser ces courants contraires ou si les relations franco-algériennes sont condamnées à une éternelle turbulence, otages d’une haine idéologique qui refuse de s’éteindre.
