La visite du Pape en Algérie:
Un succès planétaire, une amertume française

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La presse internationale a unanimement salué la visite historique du Pape Léon XIV en Algérie. Unanime, à l’exception d’un pays dont on devine aisément l’identité. Outre-Méditerranée, la pilule reste amère et les ajustements de façade peinent à masquer une hésitation malveillante dans les commentaires. Si l’on écarte les diatribes habituelles du groupe Bolloré, où CNEWS et Europe 1 se sont déchaînés, notamment contre Ségolène Royal pour avoir osé témoigner de la tolérance religieuse en Algérie, le malaise est tout aussi palpable sur les chaînes dites «professionnelles». Ces dernières laissent déverser, sans aucune contradiction déontologique, des contre-vérités inadmissibles. On y dépeint une Algérie traquant les chrétiens pour les emprisonner, ce qui relève de la diffamation pure et simple.
Une réalité cultuelle occultée par le fiel
Tout le monde sait, et la France officielle la première, que l’Algérie compte trois archevêques et que celui d’Alger a été élevé au rang de cardinal par le regretté Pape François. Le catholicisme, deuxième religion du pays durant la période coloniale, conserve ses basiliques prestigieuses où la messe est célébrée périodiquement. La hargne de certains cercles politiques français, qui n’ont jamais digéré l’indépendance de l’Algérie, s’appuie sur une confusion volontaire entre le culte catholique reconnu et les dérives sectaires. Ces milieux s’insurgent contre l’interdiction du prosélytisme évangélique, notamment en Kabylie. Or, l’État algérien est clair : si l’Islam est la religion d’État, la Constitution reconnaît sans ambiguïté le christianisme et le judaïsme comme religions monothéistes ayant leur place dans le paysage national. Aujourd’hui, la communauté catholique en Algérie, forte de près de dix mille fidèles, est essentiellement composée de résidents d’origine africaine. En revanche, le mouvement évangélique, dont ni l’Église catholique ni l’Islam ne reconnaissent la légitimité religieuse, relève d’une stratégie purement politique. Leurs commanditaires sont clairement identifiés comme des influenceurs liés au MAK, ce mouvement basé sur une exclusion raciale et une suprématie «kabyliste», à ne pas confondre avec l’identité amazighe globale. Cette idéologie xénophobe, interdite par la loi algérienne car relevant d’une forme de terrorisme spirituel, justifie l’interdiction de tout prosélytisme sectaire. Une mesure d’ailleurs largement approuvée par la population kabyle, jalouse de ses racines musulmanes. Face à des commentaires aussi perfides dans les médias français, on peut légitimement s’interroger sur la sincérité d’une reprise apaisée des relations algéro-françaises. Ces réactions ambiguës, surgies à l’occasion de la visite du chef de la plus importante communauté chrétienne au monde, démontrent avec éclat l’hypocrisie persistante de la droite et de l’extrême droite hexagonale. Alors que le monde admire la sérénité algérienne, certains préfèrent s’enfermer dans leurs vieux démons coloniaux, incapables de voir en l’Algérie autre chose qu’un terrain de confrontation fantasmé. DS

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