Le silence complice de Paris:
L’affaire Zineb El Kharroubi la franco-marocaine au miroir du deux poids, deux mesures français

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Alors que le procès de Zineb El Kharroubi, Franco-Marocaine de 28 ans, a été renvoyé au 15 juin prochain par la justice marocaine, le cas de cette jeune militante du mouvement « GenZ 212 » s’impose comme un révélateur brutal de l’hypocrisie diplomatique française. Arrêtée le 12 février dernier à l’aéroport de Marrakech pour trois publications en ligne, elle subit la sévérité d’un appareil judiciaire qui, après avoir réprimé la jeunesse marocaine sur le sol national, s’en prend désormais à la diaspora. Pourtant, derrière l’indignation sélective et le bruit médiatique, une réalité accablante demeure : celle d’une diplomatie française dont le silence est aussi assourdissant qu’il est révélateur. Le contraste est saisissant. Lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts d’intellectuels ou de faire pression sur Alger, l’armada médiatique et politique française se déploie avec une vigueur théâtrale. L’affaire Boualem Sansal français depuis quelques mois seulement, est, à cet égard, le symbole criant d’une priorité politique qui occulte tout le reste. Pour le cas de Zineb El Kharroubi, mais aussi pour les centaines de ressortissants français de souche incarcérés aux quatre coins du globe, c’est le grand vide. Cette étrange apathie de Paris, qui semble ignorer le sort de ses citoyens dès lors qu’ils ne servent pas son agenda géopolitique, pose une question fondamentale : à quoi sert la protection consulaire si elle devient une variable d’ajustement des relations diplomatiques ? La défense de la jeune femme a pourtant soulevé des vices de procédure majeurs, dénonçant une arrestation arbitraire et des poursuites pour « incitation à commettre des crimes ou délits » basées sur des appels à la mobilisation pacifique en faveur du système de santé marocain. Juridiquement fragile, cette accusation ne tient que par la volonté du pouvoir politique de criminaliser toute parole dissidente, surtout lorsqu’elle émane de la diaspora. Mais pour Paris, l’armada de guauche et l’extrême gauche en plus du groupe de presse de Bolloré, ce procès reste une affaire de seconde zone, une péripétie dont il faut s’accommoder pour ne pas froisser Rabat. Alors que la « GenZ 212 » réclame justice sociale, éducation et fin de la corruption, elle se retrouve traquée jusque dans les prétoires par une stratégie qui vise à couper les ponts entre les Marocains de l’étranger et les aspirations populaires locales. En refusant de condamner fermement cette criminalisation de la parole politique, la France, pourtant prompte à donner des leçons de droits de l’homme sur la rive sud de la Méditerranée, s’enferme dans une posture intenable. Son obsession pour l’Algérie, qu’elle scrute sous tous les angles, lui sert de paravent pour occulter ses propres manquements et ses renoncements diplomatiques ailleurs. Le 15 juin, lorsque Zineb El Kharroubi comparaîtra de nouveau, son procès ne sera pas seulement celui d’une militante, mais celui d’une diplomatie française aux abonnés absents, incapable de protéger ses propres enfants face à l’arbitraire

 

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