Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé ce dimanche un Conseil des ministres important, marqué par des arbitrages fermes allant de la rationalisation des dépenses publiques à la projection de l’Algérie sur l’échiquier africain et international. Modernisation accélérée de l’État, assainissement des circuits financiers et diplomatie économique au Sahel ont été les maîtres-mots de cette réunion. Par la fin du cash pour l’allocation touristique, l’État siffle la fin de la récréation, c’est du moins la mesure phare de ce Conseil sur le plan économique. L’allocation touristique change radicalement de mode opératoire. Face à de graves dépassements ayant entraîné une véritable hémorragie de devises sans que les véritables bénéficiaires n’en profitent, le chef de l’État a tranché. À titre provisoire, l’allocation touristique ne sera plus versée en espèces, mais exclusivement via une carte bancaire. Cette décision vise à numériser le circuit, à assurer une traçabilité totale des flux financiers et à éradiquer les intermédiaires spéculatifs du marché informel des devises.
L’axe Alger-Niamey-N’Djamena s’accélère
Sur le front diplomatique et de l’intégration régionale, l’Algérie réaffirme son rôle de pivot en direction de son flanc sud. Le président Tebboune a mis l’accent sur l’importance stratégique d’une concrétisation rapide des accords bilatéraux conclus avec le Niger et le Tchad. Le développement et la fourniture d’énergie électrique au profit des populations de ces deux pays frères. Une vision intégrée visant à bâtir une base économique solide et à générer de véritables dynamiques d’investissement. Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, hérite de la supervision d’une commission sectorielle chargée d’assurer un suivi de terrain rigoureux afin de respecter les délais impartis. Sur le plan de la gouvernance interne, le virage vers la numérisation globale de l’administration publique entre dans sa phase critique. Saluant le succès et le fort engouement suscités par le nouveau Centre national des données (Data Center), le président a haussé le ton sur les délais. Un ultimatum maximal d’un mois a été fixé pour finaliser l’interconnexion intersectorielle complète. L’objectif est clair : briser les silos administratifs pour offrir aux citoyens un accès fluide, unifié et rapide aux services publics via le Portail national numérique. Le Conseil s’est également penché sur deux moteurs de la diversification économique à savoir les Start-up, une vitrine africaine, et le Tourisme entre rigueur et diplomatie populaire. Le « modèle algérien » en matière d’écosystème de l’innovation s’exporte bien et suscite l’intérêt croissant du continent. Pour pérenniser cette dynamique, le président a ordonné d’associer plus activement le secteur privé au financement des projets, notamment dans les secteurs de pointe. Pour ce qui du tourisme et à l’aube de la saison estivale, la ministre du Tourisme s’est vu confier la mission d’élaborer un plan d’action efficace axé sur le tourisme intérieur et familial (côtier, thermal et saharien). L’accent sera mis sur la formation sectorielle et l’exploitation des facilités de visas à l’arrivée dans le Sud. Enfin, sur une note plus symbolique mais hautement diplomatique, le gouvernement a été chargé de préparer la signature d’un accord de jumelage inédit entre la ville historique de Tipaza et la métropole américaine de Kansas City. Ce geste fort intervient en reconnaissance de l’accueil exceptionnel et chaleureux réservé à la délégation officielle et aux supporters algériens lors des matchs de l’équipe nationale à Kansas City durant la Coupe du monde 2026. Une manière subtile de lier diplomatie sportive, rayonnement culturel et renforcement des relations algéro-américaines.
