Par Mohamed Tahar Aissani—/—
La justice espagnole examine actuellement une demande d’extradition formulée par l’Algérie à l’encontre de l’homme d’affaires Ayoub Aïssiou, interpellé le 25 juillet dernier à l’aéroport international de Barcelone-El Prat sur la base d’un mandat d’arrêt émis par les autorités algériennes. L’intéressé avait été arrêté à son arrivée en Espagne à bord d’un vol en provenance de Casablanca, au Maroc. Il a ensuite été présenté à un magistrat de l’Audience nationale espagnole, juridiction compétente notamment en matière d’extradition, avant d’être placé en détention provisoire dans l’attente de l’examen de la requête algérienne, selon des informations rapportées par le média espagnol The Objective. D’après la même source, les autorités algériennes avaient officiellement transmis leur demande d’extradition par voie diplomatique le 3 juin 2026. Celle-ci s’appuierait sur un mandat d’arrêt délivré le 9 avril par un juge d’instruction du pôle pénal économique et financier d’Alger. Les poursuites évoquées dans la demande algérienne portent notamment sur des faits présumés de complicité de falsification de documents publics, d’usage de faux ainsi que de blanchiment d’argent dans le cadre d’un groupe organisé. Ayoub Aïssiou, installé en France depuis 2019, y bénéficie du statut de demandeur d’asile. Selon les informations disponibles, il s’était rendu en Espagne afin de rejoindre des membres de sa famille résidant en Catalogne lorsque son arrestation est intervenue. L’Audience nationale espagnole doit désormais poursuivre l’examen de la demande d’extradition formulée par Alger. Dans l’intervalle, l’homme d’affaires demeure détenu en Espagne dans l’attente d’une décision judiciaire sur son éventuelle remise aux autorités algériennes. En Algérie, plusieurs procédures judiciaires auraient été ouvertes à son encontre, notamment pour des infractions à caractère économique. Son avocat affirme également que des condamnations par contumace ont déjà été prononcées dans certaines affaires. La défense conteste toutefois les procédures engagées contre son client et soutient qu’Ayoub Aïssiou aurait fourni des garanties financières suffisantes pour démontrer qu’il n’entendait pas se soustraire à la justice. Ses avocats mettent également en avant son statut de demandeur d’asile en France dans le cadre de la procédure actuellement menée devant les juridictions espagnoles. La décision finale appartient désormais à la justice espagnole, qui devra apprécier les éléments juridiques transmis par les autorités algériennes ainsi que les arguments présentés par la défense avant de se prononcer sur l’extradition. Cette affaire intervient dans un contexte de coopération judiciaire internationale autour de dossiers économiques et financiers impliquant des personnes recherchées par la justice algérienne et établies à l’étranger. L’issue de la procédure dépendra désormais de l’appréciation de l’Audience nationale espagnole et, le cas échéant, des différentes voies de recours prévues par le droit espagnol.
