Voile, visas et nostalgie de l’Algérie française/
La haine ordinaire de l’extrême droite décryptée

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Sous le vernis d’une dédiabolisation soigneusement mise en scène pour les besoins des plateaux télévisés, l’extrême droite française ne parvient jamais à dissimuler son obsession originelle : le rejet viscéral de l’autre et, de manière quasi chirurgicale, l’aversion profonde vouée à l’Algérie et à ses ressortissants. Alors que Marine Le Pen milite avec acharnement pour la pénalisation du port du voile dans l’espace public, une mesure liberticide taillée sur mesure pour marginaliser et stigmatiser des millions de musulmans et que son héritier désigné, Jordan Bardella, aiguise un arsenal législatif sous couvert de lutte contre une prétendue «doctrine islamiste», c’est toute une architecture de la haine qui se dessine. Derrière ces diatribes sécuritaires se cache une volonté manifeste d’assigner une frange entière de la population au ban de la société, transformant les minorités en boucs émissaires permanents. Cette stigmatisation systémique trouve l’un de ses exutoires favoris dans l’acharnement géopolitique et mémoriel que Marine Le Pen nourrit à l’égard de l’Algérie. Héritière directe d’une idéologie coloniale nourrie par la nostalgie de l’Algérie française, la cheffe de file du Rassemblement national érige régulièrement le pays en cible privilégiée de ses provocations politiques. Qu’il s’agisse de remettre en cause unilatéralement les accords bilatéraux, de restreindre drastiquement l’octroi des visas ou de réécrire l’histoire coloniale en glorifiant les pires heures de la domination étrangère, chaque sortie de la responsable politique traduit un ressentiment recuit. L’Algérie, dans le logiciel lepéniste, n’est jamais appréhendée comme un État souverain partenaire, mais bien comme le fantôme persistant d’une défaite historique que l’extrême droite ne pardonne pas. En ciblant ainsi les symboles religieux par des interdictions discriminatoires et en focalisant ses discours sur une hostilité constante envers la communauté algérienne et maghrébine, le parti lepéniste confirme qu’il ne propose pas un projet de société, mais un catéchisme de la division. En voulant légaliser l’intolérance sous des habits républicains de façade, Le Pen et Bardella démontrent que la haine de l’Algérie et des Algériens reste le ciment indéfectible d’une formation politique incapable de se défaire de ses vieux démons coloniaux et xénophobes.

 

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