Nos ressortissants continuent de se déplacer en grand nombre en France et ce, malgré les attaques hostiles dirigées contre eux par les partis de droite et d’extrême droite. Ainsi, ils se positionnent en deuxième position concernant l’octroi de titres de séjour, mais également en seconde position pour l’acquisition de la nationalité française. Selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF), dans son rapport annuel pour l’année 2025, 18 531 titres de séjour ont été attribués à des ressortissants algériens au cours de ladite année. Quant à l’acquisition de la nationalité française, 12 531 demandeurs algériens l’ont obtenue, soit par décret, soit par anticipation avant l’âge de 18 ans. Là aussi, les Algériens occupent le deuxième rang parmi les principaux demandeurs. Le palmarès revient toutefois aux Marocains, lesquels occupent la première place en devançant les Algériens, qui avaient pourtant toujours occupé le premier rang. Cela indique une tendance facilitant le séjour en France et l’acquisition de la nationalité française pour les ressortissants marocains. Il y a, d’une certaine manière, une volonté d’accroître ces chiffres dans le dessein inavoué d’opposer entre elles ces deux communautés maghrébines. Ce qu’il faut avant tout retenir de cet attrait persistant de la France pour nos compatriotes, dans un pays dont une grande partie des politiciens, mais également une frange bien identifiée de la société, ne cesse de les dénoncer, c’est une habitude séculaire qui ne faiblit pas, nourrie par la présence de longue date de parents, de proches ou d’amis établis sur place depuis des décennies. Il est donc difficile de dissuader ceux qui partent en France, que ce soit pour y séjourner temporairement ou pour acquérir la nationalité de ce pays, tout en sachant pertinemment qu’ils conserveront la leur. Pour eux, l’Algérie demeure la patrie originelle et la France, la seconde. Ce schéma de pensée est profondément enraciné dans une grande partie de la société algérienne. Il en va tout autrement pour les Marocains, lesquels se rendent en France en quête d’une vie meilleure pour échapper à la misère quotidienne dans leur pays. Une chose est sûre : la motivation des Marocains concernant leur présence en France n’a rien de comparable avec celle des Algériens. Le Maroc était un protectorat qui a conservé l’essentiel de sa culture, ce qui n’était nullement le cas de l’Algérie, considérée jusqu’à son indépendance comme une terre intégralement française avec toutes les implications juridiques et administratives attachées à ce terme. Toujours est-il que cette « préférence » accordée aux Marocains vivant sur le sol français, qui obtiennent la nationalité française avec plus de facilité que les Algériens, procède d’un calcul politicien bien rodé : celui de déclasser l’Algérien dans le champ préférentiel de la France. Ce calcul est récent, car il n’existait pas avant la crise opposant l’Algérie à la France, dont l’origine est liée à la question du Sahara occidental. Depuis lors, on assiste à une instrumentalisation orchestrée par des lobbies pro-marocains nombreux et facilement identifiables, qui cherchent à monter la communauté algérienne contre la communauté marocaine. On le constate lors des différents événements réunissant Algériens et Marocains sur le sol français, qu’il s’agisse de rencontres sportives ou d’animations culturelles, alors que peu de temps auparavant, les deux diasporas vivaient dans une harmonie et une entente indéfectibles, célébrant ces moments dans la fraternité. Ces calculs sournois risquent de s’intensifier après l’élection présidentielle de 2027 si le futur président ou la future présidente est issu de la droite ou de l’extrême droite. On remarque d’ailleurs de plus en plus chez Marine Le Pen et ses partisans que, lorsqu’ils évoquent l’immigration, leurs critiques ciblent quasi exclusivement les Algériens, sans un mot pour les Marocains. En aucun moment, leurs discours ne mentionnent les sujets de Mohammed VI.
