Par Mohamed Tahar Aissani—/—
Ségolène Royal hausse le ton contre une partie de la classe politique française. L’ancienne candidate à la présidence dénonce l’instrumentalisation récurrente de l’Algérie dans le débat public et promet de combattre toute tentative d’exploiter les tensions entre Paris et Alger à des fins électorales. Dans un entretien accordé à la chaîne Algeria International, elle a vivement critiqué les discours nourris, selon elle, par des « réflexes coloniaux » et une forme persistante d’« algérophobie ». Elle estime que certains responsables politiques désignent l’Algérie comme un bouc émissaire afin de détourner l’attention des véritables préoccupations des Français, notamment le pouvoir d’achat, la crise énergétique et les difficultés économiques et sociales. Présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal appelle à rompre avec la logique de confrontation et à reconstruire une relation fondée sur le respect de la souveraineté algérienne, le dialogue politique et la défense d’intérêts communs. Elle considère que le rapprochement avec Alger ne constitue pas une concession, mais une nécessité stratégique pour la France. L’ancienne ministre avertit également que la dégradation des relations bilatérales coûte cher aux entreprises françaises. Pendant que Paris entretient les tensions, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les États-Unis renforcent leur présence sur le marché algérien. Plusieurs opérateurs économiques algériens se seraient ainsi tournés vers de nouveaux partenaires, au détriment des intérêts français. Le secteur énergétique illustre, selon elle, cette perte d’influence. Alors que la France subit la hausse des prix du gaz et de l’énergie, d’autres pays européens concluent des accords avec l’Algérie afin de sécuriser leurs approvisionnements. Ségolène Royal juge donc urgent de bâtir avec Alger une coopération économique et énergétique durable, avantageuse pour les deux rives de la Méditerranée. Elle appelle par ailleurs la France à regarder l’Algérie telle qu’elle est aujourd’hui : une puissance régionale disposant d’importantes ressources, d’une jeunesse qualifiée et d’une position stratégique ouvrant sur l’Afrique. Elle demande également à Paris de renoncer à toute ingérence dans les différends entre les pays du sud de la Méditerranée et de privilégier la médiation et la coopération
