Innovation au cœur de l’agenda:
L’Italie et l’Algérie resserrent les rangs autour de l’entrepreneuriat

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—À Alger, la diplomatie économique prend parfois la forme d’un échange direct entre amphithéâtres et incubateurs. C’est dans cet esprit qu’un responsable italien de premier plan, venu de l’Université de Naples Parthenope, a été reçu par le ministre algérien de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, pour explorer des pistes concrètes de coopération autour de l’innovation et de la création d’entreprises. Au centre des discussions : le renforcement des compétences nécessaires à l’émergence de véritables écosystèmes innovants. L’enjeu dépasse le symbole d’une visite académique. Il s’agit d’aligner formation, accompagnement et financement, afin que l’entrepreneuriat ne reste pas un mot d’ordre, mais devienne une mécanique nationale capable de produire des projets viables, des emplois et de la valeur. La rencontre s’est tenue en présence d’Antonio Garofalo, président de l’Université de Naples Parthenope, ainsi que de l’ambassadeur d’Italie en Algérie, Alberto Cutillo. Les échanges ont notamment porté sur l’intérêt d’une approche commune dans le champ des micro-entreprises, segment stratégique pour absorber l’initiative locale, structurer l’auto-emploi et donner une trajectoire à des activités encore informelles. Côté algérien, les présentations ont mis en avant l’architecture d’appui à l’entrepreneuriat et les instruments publics dédiés à la promotion de l’activité. Les mécanismes d’accompagnement et de financement portés par l’ANGEM, la NESDA et l’Agence nationale de l’auto-entrepreneur (ANAE) ont été exposés comme des leviers destinés à faciliter l’accès au lancement, à la structuration et à la montée en puissance des projets. Le volet italien, lui, s’est concentré sur les programmes universitaires de développement des capacités entrepreneuriales : comment transformer l’université en incubateur d’idées, comment arrimer la recherche aux besoins du marché, et comment inscrire cette dynamique dans une logique de développement durable. Derrière ces axes, une idée s’impose : l’innovation ne se décrète pas, elle s’organise — par des passerelles, des méthodes et des partenariats qui rendent l’initiative reproductible. Cette séquence s’inscrit dans un cadre plus large de coopération algéro-italienne autour du renforcement des compétences entrepreneuriales en Algérie. Elle intervient, surtout, dans une continuité politique assumée depuis la cinquième session du sommet intergouvernemental algéro-italien tenue en juillet 2025, qui avait débouché sur la signature d’un ensemble d’accords et de mémorandums d’entente. À l’issue de ce rendez-vous de juillet 2025, le président Abdelmadjid Tebboune avait présenté ces engagements comme une étape supplémentaire dans une relation bilatérale qualifiée de « modèle », y voyant l’ouverture de perspectives élargies pour une coopération stratégique. De son côté, la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, avait décrit l’Algérie comme un partenaire « essentiel et dynamique », saluant des liens historiques et une relation d’amitié solidement ancrée. Reste désormais la question décisive : la transformation de ces échanges en dispositifs durables. Car l’écosystème des start-up ne se consolide pas uniquement par les annonces, mais par la répétition des programmes, la circulation des experts, l’accès aux réseaux, et l’évaluation rigoureuse des résultats. Entre Alger et Naples, l’innovation est sur la table ; le défi, lui, consiste à la faire entrer dans le réel, et à l’y maintenir.

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