Un baril de pétrole au-dessus des 100 dollars :
Pour l’Algérie c’est plus qu’une aubaine

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Les prix du pétrole et du gaz s’envolent en raison des événements qui se déroulent actuellement dans les pays du Golfe, créant une situation de blocage inédite qui ne trouve pas de solution à court terme. Comme le veut l’expression ironique, « le malheur des uns fait le bonheur des autres », et c’est précisément ce qui se produit en ce moment : les pays producteurs de hydrocarbures voient leurs revenus augmenter substantiellement. En matière d’approvisionnement, l’Algérie tire son épingle du jeu et se positionne comme le pays le mieux placé, en particulier pour le gaz naturel. Grâce aux gazoducs sous-marins reliant l’Espagne et l’Italie, l’Europe du Sud est aujourd’hui à l’abri des pénuries de gaz, un atout essentiel à l’approche de l’hiver. D’autres nations européennes situées plus au nord, à l’instar de l’Allemagne, ont pris la mesure de la crise et cherchent également à s’assurer une part des fournitures algériennes. L’Allemagne a ainsi dépêché en urgence son ministre des Affaires étrangères, lequel a annoncé qu’un accord important permettrait désormais au pays d’être approvisionné en gaz algérien. Cet accord prévoit la réalisation, en partie financée par Berlin, d’un second gazoduc spécifique reliant l’Algérie à l’Italie, acheminant la ressource des côtes italiennes vers l’Allemagne en transitant par l’Autriche. Cela explique la récente visite à Alger d’une délégation autrichienne, qui sera sans aucun doute associée à ce projet algéro-allemand. Cet intérêt grandissant pour l’Algérie est motivé, d’une part, par la décision unanime des pays de l’Union européenne de sanctionner la Russie en cessant d’acheter son pétrole et son gaz et, d’autre part, par les tensions persistantes depuis plusieurs mois dans le Golfe persique. Plus précisément, le détroit d’Ormuz est devenu une véritable poudrière, entravant l’acheminement du pétrole et surtout du gaz, notamment celui en provenance du Qatar, grand fournisseur de l’Europe. À cela s’ajoute le contrôle total exercé depuis 48 heures sur le détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis, ces rebelles du Yémen en conflit permanent avec l’Arabie saoudite et les pays qui la soutiennent, au premier rang desquels figurent les États-Unis. Un second goulot d’étranglement s’ouvre ainsi dans cette région en proie à de profondes turbulences. Si le pétrole ne constitue pas la principale source de revenus de l’Algérie, le gaz occupe quant à lui une place de choix et s’impose assurément comme le premier pôle de recettes. Nos réserves de change vont connaître dans les mois à venir une augmentation inédite que le pays n’a jamais enregistrée auparavant, pas même lors des plus fastes flambées des prix de l’énergie des années 2000. Parler du meilleur moyen d’en profiter est un euphémisme : au ministère des Finances, on se frotte les mains, et la Banque d’Algérie contemple des perspectives plus radieuses que jamais. Tous les projets de développement industriel et d’infrastructures, dont certains sont gigantesques, pourront être réalisés, et ce, en un temps record. Au cœur de cette tempête géopolitique qui secoue le monde, l’Algérie bénéficie de véritables zones d’éclaircie et s’impose en pole position au sein de cette zone.

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