L’affaire des harragas détenus en Tunisie:
Des éclaircissements sont plus que jamais nécessaires

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Après des années plombées par un mutisme intolérable pour les familles de ces dizaines de harragas algériens qui avaient tenté l’aventure de la traversée en mer à partir des côtes tunisiennes, on apprend enfin par les autorités du pays voisin qu’ils existent. Pourquoi a-t-on attendu autant de temps, semant ainsi le désarroi chez leurs familles inquiètes, dont une grande partie a cru que leurs enfants ont péri en mer alors que ce n’était pas du tout le cas ? Fort heureusement une poignée de parents n’a jamais cru à cette thèse morbide et se sont accrochés à l’espoir que leurs enfants étaient encore en vie et qu’ils étaient emprisonnés arbitrairement par les autorités tunisiennes. Cela remonte au règne de Ben Ali, ce dictateur qui ne s’embarrassait nullement des droits de l’homme envers ses propres citoyens et encore moins lorsqu’il s’agissait d’Algériens qu’il ne portait pas dans son cœur. Dans cette ténébreuse affaire nos compatriotes pour la plupart des jeunes et certains d’entre eux des adolescents à l’époque, croupissaient dans les geôles tunisiennes sans savoir réellement ce qu’on leur reprochait. Leur détention devait être terrible car secrète. La Tunisie était devenue une sorte de Guantanamo pour eux. Le plus étonnant c’est qu’après le départ de l’autocrate Ben Ali et l’émergence de la démocratie en Tunisie, les gouvernements qui se sont succédés n’ont même pas pris la décision d’ouvrir une enquête sur ces disparitions de nos compatriotes et ce malgré la relance par l’association des parents des disparus de leur requête qui restait lettre morte. Est-ce que l’arrivée de Kais Sayed a fait bouger les choses ? Sans doute que oui car pour la première fois notre gouvernement et surtout le président de la république saisi à maintes reprises par ces familles de disparus a cru digne et même nécessaire de saisir énergiquement le gouvernement tunisien en lui demandant d’être clair et objectif sur cette affaire car des preuves convaincantes sur la présence de ces harragas sur le sol tunisien ont fait leur apparition. La thèse d’une disparition en mer ne tenait plus la route. Sans doute convaincu que l’Algérie ne laissera pas passer une autre subtilité tunisienne sans réagir sur l’état des relations entre les deux pays dont la Tunisie y tient plus que jamais vu la situation catastrophique à laquelle elle est confrontée. À présent que nous savons ce qu’il est advenu de nos ressortissants il faut continuer à agir dans le sens de la justice et de la légalité pour obtenir tous les éclaircissements sur cette affaire qui a plongé dans la détresse la plus noire des familles qui n’ont cessé de verser des larmes depuis des années et qui n’ont pas pu faire un deuil dont ils ne voulaient pas s’ y résigner.

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