Mémoire coloniale:
Alger et Paris préparent le 6e round des discussions

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Par Kheireddine Boukhalfa–//–Enjeu central dans les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France, la question mémorielle occupe une place importante. D’ailleurs, les deux pays s’apprêtent à franchir une nouvelle étape décisive dans leur quête de réconciliation mémorielle. C’est ce qu’a laissé entendre le co-président de la commission mixte algéro-française sur l’Histoire et la Mémoire, Mohamed Lahcen Zeghidi.

En effet, dans une déclaration en marge du forum du quotidien El Moudjahid à l’occasion de la journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte antimines, M.Zeghidi a annoncé la tenue imminente du sixième round de discussions entre les deux pays dans le cadre du travail mené par la commission mixte algéro-française. Ce nouveau rendez-vous, qui se tiendra prochainement en France, devrait marquer une avancée concrète vers la reconnaissance des exactions perpétrées durant la colonisation et la restitution de ce qui a été spolié à l’Algérie depuis 1830. Archives, biens culturels, objets symboliques… autant d’éléments au cœur des négociations, appuyées par le droit international. De fait, une liste de ces biens culturels et historiques a été présentée par la partie algérienne, qui inclut notamment les effets personnels de l’Emir Abdelkader, tels que deux épées, un pistolet, sa tente de commandement, son bâton de commandement, l’original des traités signés avec la France, ses éperons, son caftan, et des manuscrits. Le canon de Baba Merzoug (La Consulaire), symbole de la force navale algérienne installé depuis 1833 dans le port militaire de Brest, est également réclamé. L’Algérie demande également la restitution de l’intégralité des objets pillés du Palais du Dey, incluant son burnous, son Coran, ses épées et canons. Comme elle souhaite également récupérer les archives et documents historiques liés à la période coloniale, dont certains ont déjà été restitués en version numérique. Il est à souligner que cette réunion survient dans un contexte diplomatique sensible mais porteur d’espoir. Elle fait suite à une série d’échanges bilatéraux, notamment l’entretien téléphonique entre le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue français Emmanuel Macron, au cours duquel le dossier de la mémoire a été évoqué avec une clarté et une fermeté qui traduisent la position constante de l’Algérie sur ce sujet. A l’occasion de la visite officielle du ministre français des Affaires étrangères en Algérie, Mohamed Lahcen Zeghidi a réaffirmé son optimisme quant aux résultats à venir. Il voit dans cette visite un signal positif, voire un prélude à la levée des tensions persistantes, espérant qu’elle ouvre la voie à une reconnaissance franche des crimes coloniaux et à un retour effectif des biens algériens détournés. Il a par ailleurs rappelé l’importance de la précédente rencontre, tenue en mai 2024 à Alger, au cours de laquelle des engagements significatifs avaient été pris concernant notamment la restitution d’archives historiques. Le sixième cycle de discussions devrait donc permettre d’enclencher la mise en œuvre concrète de ces décisions. Pour rappel, la dernière réunion de la Commission, la cinquième, s’est tenue à Alger en mai 2024. Cependant, la sixième réunion, prévue deux mois plus tard, a été annulée en raison de la détérioration brutale des relations bilatérales suite à la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Ces restitutions revêtent donc une portée bien plus qu’emblématique : elles s’inscrivent dans une démarche concrète de rapprochement entre l’Algérie et la France. Dans cette optique, la relance des travaux de la Commission mixte apparaît comme un levier essentiel pour progresser vers une réconciliation pérenne et consolider les liens bilatéraux entre les deux nations.

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