Hydrocarbures:
L’Algérie teste sa nouvelle loi avec le Bid Round 2024

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—

L’Algérie s’apprête à vivre un tournant stratégique dans son industrie pétrolière et gazière. À partir du 17 juin, le pays testera pour la première fois sa loi sur les hydrocarbures, adoptée en 2019, à travers le dépôt des offres dans le cadre du Bid Round 2024 lancé par l’agence nationale Alnaft.

Un test grandeur nature qui mettra à l’épreuve l’attractivité d’un texte juridique révisé pour séduire les investisseurs internationaux. En effet, pas moins d’une trentaine de compagnies énergétiques, dont plusieurs majors mondiales, ont manifesté leur intérêt pour cette opération. Elles convoitent six périmètres riches en ressources, situés dans le sud algérien, abritant notamment quelque 400 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Un volume considérable dans un contexte mondial marqué par une flambée de la demande en gaz, devenue une ressource clé dans la transition énergétique. La nouvelle loi a introduit plusieurs mécanismes incitatifs, au premier rang desquels le retour au contrat de partage de production. Ce mode contractuel, largement répandu dans les pays producteurs, permet à l’État de partager la production avec ses partenaires sans céder la souveraineté sur les ressources. Une flexibilité saluée par les investisseurs et qui semble déjà porter ses fruits. En témoignent les nombreux accords signés récemment par la Sonatrach, le géant national des hydrocarbures, avec des partenaires étrangers. D’autres signatures sont attendues cette année, confirmant la dynamique retrouvée d’un secteur stratégique pour les finances publiques. D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le ministère de l’Énergie, plus de 35 groupes étrangers ont consulté les données techniques des blocs proposés via la « data room » mise en place par Alnaft. Une étape préliminaire essentielle avant la soumission des offres. Si le processus aboutit, plusieurs contrats pourraient être signés dans les mois à venir, consolidant le retour en force de l’Algérie sur la scène énergétique internationale. Fort de cet engouement, Alnaft prévoit déjà un second appel à manifestation d’intérêt dès octobre prochain, prélude à une série d’appels d’offres qui s’étaleront jusqu’en 2029. Objectif affiché : valoriser 11 nouveaux périmètres et renforcer l’attractivité du bassin algérien. Il faut dire que la relance de l’activité d’exploration, en particulier dans l’amont gazier, s’inscrit dans une stratégie plus large de renouvellement des ressources nationales. L’Algérie, consciente de la pression croissante sur ses capacités de production, multiplie les initiatives pour identifier de nouveaux gisements, notamment sur les zones onshore peu explorées. Si Hassi R’mel reste le pilier de la production actuelle, les autorités anticipent déjà son éventuel déclin et cherchent des alternatives viables. Dans cette optique, l’ouverture du marché à l’investissement étranger apparaît comme une condition sine qua non. La politique énergétique nationale fait désormais de la coopération internationale un levier majeur pour accompagner la croissance, attirer les capitaux et moderniser les techniques d’exploration, y compris dans les segments offshore et non conventionnels

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