Ce qui était impensable est devenu possible:
La tarification des consultations médicales du secteur privé à l’étude

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 Les Algériens ne supportent plus de payer 1500 dinars la visite médicale chez un généraliste du secteur privé et 2000 dinars chez un spécialiste. On entend très souvent «Trop , c’est trop!» . Ils viennent d’être entendus par le nouveau ministre de la santé qui a déclaré à un sénateur de la nation que son département se penche sur cette question.

La médecine privée, elle aussi, n’a pas échappé à la spéculation pourtant elle n’a aucun lien avec le secteur marchand ou commercial. Ainsi depuis des années on a assisté à une augmentation quasiment annuelle des tarifs médicaux passant de 500 dinars il y a vingt cinq ans à 1500 dinars aujourd’hui. Rien ne justifiait de telles ajustements tarifaires à l’emporte pièce. Certes le médecin privé doit gagner décemment sa vie après les sacrifices qu’il a consentis pour obtenir son doctorat en médecine générale ou en spécialisation. Cela chacun le conçoit et ne trouve rien à redire mais gagner sa vie de manière décente ne signifie pas s’enrichir démesurément et cela a été malheureusement le cas. D’autre part il y a une question d’éthique et de moralité. Lorsqu’on saigne à blanc un patient en lui demandant de payer une somme considérable pour lui et qui de surcroit est remboursée ridiculement par la sécurité sociale c’est une entorse grave à l’humanisation de la profession dont le serment d’Hippocrate sert de segment. Mais qui parmi cette génération de médecins a encore le souvenir d’un tel serment ? D’ailleurs le prête –t-on toujours ? C’est une question à laquelle on doit répondre. Si on a abandonné un tel serment qui consiste, rappelons –le  à soigner tout malade qui arrive chez un médecin sans le conditionner à quoique ce soit et surtout pécuniairement pour le remplacer par le simple critère de la conscience laquelle en terre d’Islam est catégorique et sans détour qui exige de celui qui a la qualification de porter secours à autrui , musulman ou non musulman, d’aider celui  qui en fait la demande, surtout quand on constate sa détresse. Malheureusement la médecine exerçant sa profession à titre privé a totalement occulté toute éthique et s’est considérablement éloignée de l’aspect moral. Quand un citoyen de modeste condition s’entend dire que s’il veut être soigné gratuitement il n’a qu’à aller se faire soigner dans le secteur public il y a de quoi être choqué et pas seulement. Quand on pense que dans les pays européens les tarifs médicaux des médecins privés sont réglementés pour permettre à tout citoyen d’aller consulter un généraliste ou un spécialiste sans avoir peur d’être rançonné il y a de quoi se demander pourquoi en Algérie, pays qui a institué la médecine gratuite on tolère une médecine à deux vitesses, l’une pour ceux qui peuvent se permettre de débourser des sommes exorbitantes et l’autre pour les démunis ou ceux qui ont des salaires qui leur permettent seulement de survivre. L’Algérie nouvelle que veut instaurer le président Tebboune vient donc de prendre à bras le corps ce coté sombre de la politique sociale de notre pays. C’est un médecin issu de la corporation qui vient de se saisir de ce problème et il a laissé entendre qu’il ira jusqu’au bout. Le docteur Mohamed Seddik Ait Messaouden, brillant cardiologue dont les résultats sont connus à l’échelle nationale veut imposer à la médecine privée, générale ou spécialisée les normes introduites dans les pays qui ont un souci de la vie humaine et de la qualité des soins qu’il faut appliquer aux citoyens de ces pays. Ainsi un projet de loi est en train de se concocter pour réformer le code de tarification des médecins privés en Algérie. Cela se fera sans doute dans la concertation avec les intéressés mais cela se fera, il n’ ya aucun doute à se faire là-dessus. Il est grand temps que le citoyen quelle que soit sa situation sociale puisse aller consulter le médecin de son choix sans avoir à payer une somme d’argent dont il sera pour lui difficile à payer ou à se faire rembourser par la sécurité sociale. L’ère de la spéculation au niveau d’un corps professionnel qualifié de noble sera bannie dans cette nouvelle Algérie qui ressemblera enfin à un pays comme le Danemark ou la Suède. Ce n’est que justesse et allons plus loin c’est une promesse inscrite dans la déclaration du 1 er novembre qui proclame sans ambiguïté une Algérie démocratique et sociale. C’est aussi une manière d’honorer la mémoire de  nos chouhadas.        

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