Les prix du pétrole et du gaz atteignent des sommets :
Qui sont les gagnants et les perdants ?

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President Donald Trump rejected a plan presented by Israel to the US to kill Iran’s Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, according to a US official familiar with the matter.The Israelis informed the Trump administration in recent days that they had developed a credible plan to kill Khamenei. After being briefed on the plan, the White House made clear to Israeli officials that Trump was opposed to the Israelis making the move on June 16,2025.(Yassine Mahjoub/SIPA)//MAHJOUBYASSINE_BY2F7126/Credit:Yassine Mahjoub/SIPA/2506170112

 

119 dollars : c’est le dernier prix affiché pour le baril d’or noir. Cette tendance s’appliquera également aux prix du gaz, ces derniers étant indexés sur ceux du pétrole. À qui profitera cette manne financière, certes conjoncturelle, mais néanmoins riche en perspectives, surtout pour les pays membres ou non de l’OPEP qui subissaient jusqu’alors une concurrence farouche, en termes de volumes, de la part des producteurs du Moyen-Orient ? Aujourd’hui, l’Arabie saoudite, second producteur mondial après les États-Unis, ainsi que les principautés du Golfe ne peuvent plus écouler leur production comme ils le faisaient il y a encore quinze jours. La raison est directe : ces pays sont devenus la cible des missiles et des drones iraniens, les obligeant à ralentir substantiellement leur production, voire à l’arrêter totalement, comme c’est le cas pour le Koweït. En ce qui concerne les Émirats arabes unis, la situation est encore plus problématique (à l’exception de Dubaï qui ne possède pas de ressources propres). Leurs cargaisons doivent impérativement transiter par le détroit d’Ormuz, actuellement fermé à la circulation des tankers par l’Iran qui en contrôle totalement l’accès. Des dizaines de pétroliers restent ainsi bloqués au large. L’armada navale américaine stationnée à proximité du détroit semble impuissante. Selon les observateurs militaires les plus avertis, l’idée de passer en force en escortant les navires pétroliers est irréaliste. Ces experts mettent en garde contre un tel forcing : les Gardiens de la Révolution iraniens ont anticipé ce scénario depuis des années. Ils disposent de centaines de vedettes rapides armées de missiles Stinger, ainsi que de canons à courte et moyenne portée capables de couler en un temps record tout navire s’approchant de leurs côtes. L’Iran dispose, de fait, de l’armada navale légère la plus massive et la plus redoutable au monde. Ce blocus rend les pays arabes du Golfe extrêmement vulnérables. Téhéran adopte ici une nouvelle stratégie : celle de l’arme économique. Celle-ci commence à terrifier les pétromonarchies qui pensaient être protégées indéfiniment par leur allié américain. Or, la preuve est faite : Washington semble ne savoir que bombarder, sans obtenir de résultat stratégique probant. Cette guerre pourrait durer des mois, un scénario que les Américains redoutent. Les prix de l’essence aux États-Unis commencent à augmenter. Si la situation perdure, les stocks seront entamés et les prix à la pompe pourraient doubler, ce que le citoyen lambda ne tolérera pas, d’autant que l’inflation touche déjà de nombreux produits de grande consommation. De plus, il ne faut pas oublier que les élections de mi-mandat pour le renouvellement du Congrès auront lieu en octobre prochain. Si le conflit s’enlise, il est quasiment certain que Donald Trump en subira les conséquences électorales et perdra sa majorité actuelle. Les sondages confirment d’ailleurs que plus de 60 % des Américains sont opposés à cette guerre contre l’Iran.
Russie et producteurs tiers : les grands bénéficiaires
Les véritables gagnants de ce conflit sont, sans aucun doute, les Russes. Vladimir Poutine peut se frotter les mains : cette guerre arrange les finances de la Russie et son économie de guerre. Par ailleurs, le président russe observe les Américains vider leurs stocks d’armements hors de leurs frontières, envisageant même de récupérer les missiles Patriot fournis à l’Ukraine sous l’administration Biden. Sans cette protection, le ciel ukrainien tomberait sous le contrôle total de Moscou. Sur le plan économique, la Russie, qui bradait ses hydrocarbures à cause des sanctions occidentales, se voit soudainement libérée de cette entrave. Elle peut désormais vendre son pétrole et son gaz à des prix compétitifs mais hautement rémunérateurs. Pour Poutine, l’équation est simple : s’il ne peut soutenir militairement Téhéran pour ne pas heurter son «ami» Trump, il communique en revanche de précieux renseignements militaires à l’Iran. Les autres bénéficiaires sont les pays producteurs hors Golfe : les États-Unis eux-mêmes, la Norvège, l’Algérie et le Nigeria. Le Venezuela, en revanche, peine toujours à relancer son industrie pour atteindre les niveaux de l’ère Chavez. Ces nations engrangeront des dividendes colossaux si le conflit s’éternise.
Les pays consommateurs dans l’impasse
Les grands perdants sont les pays consommateurs : l’Union européenne, l’Afrique et l’Asie, y compris la Chine qui voit ces événements d’un très mauvais œil. Le Maroc sera particulièrement touché. Le pays s’approvisionnait auprès des monarchies du Golfe à des tarifs préférentiels par solidarité. La pénurie de carburant et de pétrole brut, essentiels aux usines et à la production électrique, se fera bientôt sentir pour une population marocaine déjà frappée par une inflation à deux chiffres. Si le Makhzen se tournait vers Washington pour compenser ces pertes, la réponse de Trump serait sans appel : il faudra payer le prix fort, au comptant

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