Par Mohamed Tahar Aissani—/—
L’Algérie a réaffirmé, lundi 7 avril 2026 à Tripoli, sa volonté de renforcer la coopération régionale en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, à l’occasion de la conférence des chefs des renseignements militaires des pays du Sahel et de la Méditerranée. Intervenant lors de cette rencontre, le général de brigade Abbas Ibrahim, directeur central de la sécurité de l’armée algérienne, a souligné que le contexte géopolitique international actuel, marqué par de nombreuses tensions, impose une intensification des efforts communs pour préserver la sécurité et la stabilité dans la région. La conférence, organisée dans la capitale libyenne, a réuni des représentants de plusieurs pays, dont l’Algérie, la Turquie, le Soudan, Malte, le Niger, la Grèce, l’Espagne, la France, l’Italie et la Tunisie. Les participants ont échangé sur les moyens de consolider la coopération sécuritaire et le partage de renseignements face aux menaces communes. Dans son allocution, le responsable algérien a rappelé que les défis sécuritaires actuels présentent un caractère transfrontalier et nécessitent, de ce fait, des réponses coordonnées. Il a relevé que l’Afrique, et particulièrement la région sahélienne, connaît une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire, marquée par la montée des activités terroristes, la prolifération du trafic d’armes, du narcotrafic et de l’exploitation illégale de certaines ressources, notamment l’or. Selon lui, ces différentes formes de criminalité sont souvent liées aux circuits de financement des groupes terroristes, ce qui rend indispensable une approche globale associant action sécuritaire, coordination régionale et assèchement des sources d’approvisionnement illicites. Le général de brigade Abbas Ibrahim a, dans ce cadre, exprimé la disponibilité de l’Algérie à partager son expérience en matière de lutte contre le terrorisme. Il a indiqué que cette expérience repose sur une approche multidimensionnelle visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la paix à l’échelle régionale et internationale. Il a également estimé que cette réunion constitue une étape importante dans le processus de coopération régionale, tout en représentant une opportunité de soutenir la Libye et de renforcer les mécanismes de coordination sécuritaire entre pays voisins.Le responsable algérien a par ailleurs mis en avant plusieurs initiatives engagées par l’Algérie aux niveaux régional et international pour améliorer les dispositifs de lutte contre le terrorisme. Il a notamment évoqué l’actualisation du cadre législatif national afin de mieux lutter contre le financement du terrorisme, conformément aux normes internationales, ainsi que la criminalisation de différentes formes de soutien matériel ou financier aux groupes extrémistes. Dans le même contexte, il a rappelé que l’Algérie avait porté une initiative ayant abouti à l’adoption, en décembre 2009, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 1904 relative notamment à la criminalisation du paiement de rançons pour la libération d’otages. Le général de brigade Abbas Ibrahim a aussi souligné la contribution de l’Algérie, avec plusieurs pays de la région, à la création du Comité d’état-major opérationnel conjoint, dédié à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière dans l’espace sahélo-saharien. Il a rappelé que cette structure vise à améliorer la coordination opérationnelle et à adapter les mécanismes d’intervention aux réalités du terrain. Enfin, il a indiqué que l’Algérie poursuit son appui aux mécanismes africains spécialisés dans la lutte contre le terrorisme, citant notamment le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme, les mécanismes de coopération policière de l’Union africaine, ainsi que d’autres structures continentales et régionales de coordination sécuritaire. Par cette participation à la conférence de Tripoli, l’Algérie réaffirme sa ligne diplomatique et sécuritaire fondée sur la coopération régionale, le partage d’expertise et le renforcement des mécanismes collectifs face à des menaces de plus en plus complexes dans la région du Sahel et de la Méditerranée.
